FORT DE FRANCE - KOUROU VIA WASHNIGTON

FORT DE FRANCE - KOUROU VIA WASHNIGTON

Du 27 avril au 7 mai 2008



Dimanche 27 avril

Le vol part à l’heure en ce dimanche après-midi. Il arrive aussi à l’heure, à l’aéroport Luis Munoz de Puerto Rico, sous des trombes d’eau, ce qui me vaut d’être pas mal secoué. L’événement de ce vol, c’est la qualité de l’accueil. Je suis installé au premier rang, et, une fois n’est pas coutume, l’hôtesse, Gladys, est à la fois jolie et très agréable. Pendant la phase de décollage, elle me fait face. Elle écrit sur sa main, et devant mon étonnement, me dit que c’est pour elle la seule façon de ne pas oublier ce qu’elle doit faire. J’ose espérer qu’il ne s’agit pas de son boulot ! Elle persiste en m’expliquant qu’elle ne supporte pas d’avoir les mains sales et que ces gribouillis attirent donc son attention, rendant ainsi la manœuvre encore plus sûre… De retour à sa place pour l’atterrissage, elle m’explique que leur rythme de travail est de trois jours de service suivis de quatre jours de repos. Un rythme qui lui convient et l’aide à supporter le bruit infernal des ATR72 d’American. Elle précise toutefois qu’elle est peut-être déjà sourde !



J’ai trois heures de battement pour ma correspondance et cette fois, je mets à peine trente minutes à franchir l’immigration ! Me voilà donc parti pour deux longues heures d’attente, parmi les insupportables odeurs de bouffe américaine, et les innombrables et obèses exemples de ses effets sur la population américaine. Je ne suis pas sûr de bénéficier d’un repas à bord, je m’achète donc un sandwich à la dinde : je cherche encore le rapport entre ce que j’ai mangé et ce qu’on appelle en France « dinde » et « pain ».



C’était trop beau ! A l’heure prévue de l’embarquement, nous apprenons que l’avion ne partira pas avant 21H30 (au lieu de 20H10) tout simplement parce qu’il n’y a pas de pilote ! Quand le pilote – de remplacement je présume – se présente, il est chaudement applaudi par ses futurs passagers. Mais je ne suis pas au bout de mes peines : une fois installé, nous devons encore attendre une heure environ, le temps que les pluies impressionnantes cessent, celles-ci empêchant en effet tout décollage. Finalement, l’avion se pose avec près de trois heures de retard à Baltimore. Le temps de récupérer ma valise, de trouver un taxi et de faire la longue route qui relie les deux villes, j’arrive à l’hôtel, à Washington vers quatre heures du matin et j’y apprends que ma réservation n’a pas été enregistrée. Finalement après quinze minutes de discussion, je monte enfin dans ma chambre.




Lundi 28

Une pluie battante s’abat sur la capitale. Je prends donc un taxi pour me rendre à l’Ambassade où, bien qu’en congé, j’ai rendez-vous. J’y reçois un excellent accueil et, à midi, je déjeune sur place avant qu’une collègue me dépose au musée de l’Air et de l’Espace. Un très beau musée où sont présentées de nombreuses expériences interactives qui expliquent les principes et lois physiques qui permettent de voler, comme par exemple les lois de la gravitation de Newton. Malheureusement, de nombreux termes techniques en limitent ma compréhension. Ce musée possède la plus grande collection d'avions et de véhicules spatiaux du monde, dont le Spirit of Saint-Louis de Lindbergh et le module Appolo 11. On peut visiter le Skylab et le cockpit d’un Boeing 757. J’assiste également à la projection d’un film très impressionnant sur le métier de pilote de combat : il retrace les dix jours de l’exercice « Red Flag » regroupant 128 avions de chasse de six pays.



La pluie a cessé quand je quitte le musée mais le ciel est toujours gris. Je prends à droite vers le Capitole puis longe le National Mall, un immense parc où se déroulent de nombreuses manifestations. C’est là notamment qu’eurent lieu les fameuses manifestations contre la guerre du Vietnam.

Je passe devant la National Gallery of Art, le Smithsonian Castle, le National Museum of Natural History avant d’arriver au pied d’un immense obélisque de près de 170 mètres : le Washington Monument. Je prends ensuite à droite et traverse l’ellipse avant d’arriver devant les grilles de la Maison-Blanche. Je remonte ensuite jusqu’à la 20ème Rue et je retourne ensuite vers l’obélisque. Je fais le tour des bassins et parvient au Mémorial de la Seconde Guerre Mondiale avant de longer le Reflecting Pool jusqu’au Lincoln Memorial. C'est de cet endroit que Martin Luther King prononça son célèbre discours "I have a dream", le 28 août 1963.



Devant le monument, le Reflecting pool offre un magnifique reflet de l’obélisque, d’où son nom. Je gravis les marches et découvre la colossale statue de Lincoln, président assassiné en 1865. Je prends ensuite à droite et marche jusqu’au Memorial de la guerre de Corée : les sculptures de soldats y sont on ne peut plus réalistes. Je rejoins ensuite le Memorial des vétérans de la guerre du Viet Nam : un long, très long mur, de plus de cent cinquante mètres, où dans le marbre noir, sont tout simplement gravés les noms des victimes, dans l’ordre chronologique de leur mort ou de leur disparition. Plus de 58 156 noms. 58 156 américains, souvent très jeunes, dont 11 000 femmes ont donné leur vie pour leur pays ou pour des idées. Des portraits et des roses sont disposés au pied du mur, par les membres des familles, et certains, à l’aide d’un papier et d’un crayon, prélèvent une empreinte. La foule est très nombreuse devant ce mur. Il y règne une étonnante et silencieuse émotion. L’ambiance est très pesante et l’on ne peut s’empêcher, outre le respect, de ressentir un vif malaise devant cet immense gâchis qui prend ici une forme on ne peut plus concrète.

Sonné, je rentre à l’hôtel par la 23ème Rue.



Mardi 29

C’est mon deuxième et dernier jour de congé avant la conférence. Le ciel est plus clair que la veille, mais reste menaçant. Après une matinée passée à régler pas mal de soucis côté boulot, me voici dans un restaurant chinois pour prendre un déjeuner ma foi savoureux.

Je pars ensuite pour mon second périple touristique. Je prends la 23ème Rue, traverse Constitution Avenue, arrive au Lincoln Memorial. Je repasse également au Mémorial du Vietnam, au Memorial de la guerre de Corée pour profiter des rayons du soleil et reprendre quelques photos. Puis, je traverse le long pont qui enjambe le Potomac et, après une longue marche, je découvre le cimetière d’Arlington. Je suis abasourdi par le nombre incalculable de tombes de soldats. Des milliers de pierres tombales, blanches, s’étendent à perte de vue. Beaucoup moins d’émotion quand j’arrive sur la tombe de J.F. Kennedy, de son épouse, puis à quelques mètres, de son frère robert. Plus loin, je fais le tour de l’impressionnant monument dédié au soldat inconnu. Il s’ouvre sur une vue magnifique sur la ville, en contre bas. La garde ne tarde pas à être relevée, en un cérémonial strict, millimétré et qui inspire le respect. Je redescends ensuite vers Washington, et je repasse par la Maison Blanche avant de rentrer, fatigué, à l’hôtel.



A peine ai-je le temps de me changer et je saute dans un taxi pour rejoindre mes collègues. Nous avons rendez-vous avec deux américains qui nous emmènent au tout nouveau stade pour une rencontre entre les Braves d’Atlanta et les Nationals de Washington. Si on m’avait dit un jour que j’assisterai à un match de base-ball ! Nous sommes dans une tribune spéciale où un repas est inclus dans le prix du billet, à concurrence de vingt dollars. Sans surprise, je ne me régale pas, et le froid commence à avoir raison de moi.



Je décide donc de me rendre dans la boutique du club où j’achète un sweat-shirt aux couleurs des « Nats ». Au moins, je n’aurai plus froid. Je ne comprends rien au jeu, mais la ferveur de l’ambiance est telle que je passe un excellent moment. J’en profite pour réviser mon anglais… Soudain une « long ball » se dirige droit sur nous. La balle atterrit quelques rangs devant nous, et un instant plus tard, le ralenti qui s’affiche sur l’écran géant nous montre en gros plan ou presque. Voilà comment on passe à la TV américaine ! Pour l’anecdote, les Nationals battront les Braves, mais ne me demandez pas le score !



Malgré le plan, à cause des nombreux sens interdits et d’un rond-point machiavélique, nous mettons près d’une heure à rejoindre mon hôtel.


Mercredi 30

Première journée de conférence. Je rejoins la délégation française et retrouve quelques connaissances rencontrées notamment à Grenade l’an dernier. La journée est dense, mais très intéressante. Elle est suivie d’une réception pendant laquelle je me surprends par une maîtrise retrouvée de mon anglais. Thank you base-ball ! Je rentre tôt, à pied, en passant devant les luxueux bâtiments de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International.




Jeudi 1er mai

Au boulot ! En effet, le 1er mai n’est pas férié aux Etats-Unis. Me voilà donc parti pour une longue journée de conférence, d’autant plus longue qu’au cours de la matinée, les sujets traités ne me concernent pas directement. Le repas de midi est pour le moins original : la délégation péruvienne nous propose un buffet de – délicieuses – spécialités locales avec la possibilité de retourner en salle pour voir un documentaire sur six femmes, de nationalités diverses, qui purgent une longue peine dans une prison de Lima après s’être faites arrêter alors qu’elles tentaient de s’envoler vers l’Europe après avoir ingéré une centaine de boulettes de cocaïne.

Le soir, les collègues de l’Ambassade m’ont donné rendez-vous devant mon hôtel pour aller manger ensemble. Nous filons plein sud, jusqu’à la rive gauche du Potomac. Nous marchons le long d’une promenade aménagée, tandis que le soleil se couche doucement. Nous nous arrêtons ensuite à une terrasse pour prendre un verre, puis enfin, entrons dans le restaurant où nous nous régalons : j’ai choisi une bavette avec une sauce à base d’ail et d’huile d’olive accompagnée d’un merlot californien qui n’a rien à envier aux meilleurs crus gaulois.




Vendredi 2

A peine arrivé pour la conférence, je m’aperçois que j’ai laissé de l’argent à portée de main, dans ma chambre d’hôtel. Après une longue hésitation, je finis par prendre mes jambes à mon cou et fais un aller-retour aussi rapide que possible. Heureusement, l’argent n’a pas été volé. Il ne me reste qu’un stress à gérer en cette matinée : mon intervention est prévue à 10H30, et je dois m’adresser à une assemblée de ministres et d’ambassadeurs ! Tout se passe bien, malgré le retard qui n’a que légèrement augmenté mon appréhension.

La séance se termine vers quatorze heures, quelques minutes avant l’arrivée de François Fillon, qui a oublié de m’informer de sa visite. Je prends un repas rapide au grill du coin et repasse me changer à l’hôtel. Il fait beau, je profite donc pour me rendre à Georgetown, dans la partie ouest de M Street, la partie commerçante. Toutefois, ce sont surtout des boutiques de luxe et des restaurants qui jalonnent cette avenue. Les rues adjacentes sont très britanniques, ornées de nombreux arbres. L’agenda du soir est vierge : il me faut me lever très tôt le lendemain pour me rendre à l’aéroport.




Samedi 3

Le réveil sonne à 4H30. Mon vol ne décolle qu’à 7h55 mais je prends une petite marge pour être sûr d’être à l’aéroport de Dulles deux heures avant l’heure du décollage. Le taxi est à l’heure et j’arrive à Dulles à 5H40. Tout va bien. Tout va bien jusqu’au moment où mes yeux incrédules découvrent sur l’écran d’American que mon vol est annulé. Je me précipite, sans faire la queue sur une hôtesse qui me confirme la mauvaise nouvelle. Elle commence à consulter son logiciel puis m’annonce que je ne serai pas en Martinique avant demain. Je lui demande d’approfondir les recherches. Elle confirme dans un premier temps puis regarde sa montre et me demande un instant. Il y a un vol Delta qui décolle dans quelques minutes pour New-York. De là, je peux rejoindre Santo Domingo puis Fort de France en soirée. Banco ! Mais il faut faire vite. Elle m’envoie au comptoir de Delta où j’obtiens des coupons de vol jusqu’à Santo Domingo. J’arriverai donc en Martinique à 20h15, c’est un moindre mal.



Le vol se déroule sans incident et j’arrive sous la grisaille New-yorkaise presque à l’heure. Le temps de trouver mon chemin, de prendre la navette qui relie les différents terminaux de l’aéroport J.F. Kennedy, de passer les très pointilleux contrôles de sûreté et j’arrive à temps en salle d’embarquement, au terminal 8, le terminal d’American, d’où partira mon vol. Au moment d’embarquer, une hôtesse, que dis-je un cerbère, m’annonce que mon coupon n’est pas valable et que je dois retourner au comptoir de Delta, pour qu’American soit sûr d’être payé. Retourner au comptoir Delta, c'est reprendre le train aérien, c’est retourner au terminal 2/3, c’est faire la queue pour obtenir le coupon, et c’est faire le chemin en sens inverse. Impossible. J’ai beau lui expliquer qu’American est déjà payé et qu’au contraire c’est Delta qui devra obtenir une compensation d’American, rien n’y fait. Elle insiste, je lui demande si elle plaisante, elle se fâche. Je hausse le ton, j’insiste sur le fait que si je suis là, à New York, c’est la faute d’American qui a annulé son vol au départ de Washington, attirant ainsi l’attention des autres passagers. Elle se mure dans le silence, ignore mon impatience et finit par me donner un coupon en me disant d’ « y aller » avec un ton qui signifiait d’avantage « dégage ! ».



Une fois dans l’avion, l’hôtesse de bord qui avait assisté à la scène se félicite de ma présence à bord, et sans le dire clairement, désapprouve sa collègue. Et si je ne parlais pas anglais, et si je m’étais laissé faire ? Que serait-il arrivé ?

Je commence à me décontracter et attend le décollage. C’est à ce moment que le pilote nous informe qu’un passager manque à l’appel et qu’il faudra débarquer ses bagages. Décidément ! L’avion décolle finalement avec une heure de retard. Ce retard est sans conséquence puisque je dispose de plus de trois heures, à Santo Domingo, entre mes deux avions. Ouf ! Sur place, je sors prendre un peu l’air, chaud, ce qui me fait du bien. Je passe ensuite en salle d’embarquement où j’attends patiemment en compagnie de nombreux martiniquais. Ca sent l’écurie !



A peine installé dans l’avion un agent d’Air France vient m’annoncer qu’American ne leur a pas remis va valise. Il ne manquait plus que ça ! A l’arrivée à Fort de France, je file directement au service des réclamations où pour l’instant, il n’est pas possible de localiser mon bagage. J’aurais en principe des nouvelles demain.

Le problème, c’est que demain, je reprends l’avion pour de nouvelles aventures !

Ce séjour à Washington, quelques soient les efforts de la compagnie aérienne pour me le pourrir, me laissera un inoubliable souvenir. Les quartiers périphériques de la Capitale Fédérale des Etats-Unis, sont de véritables ghettos où la criminalité est la plus forte de tous les Etats-Unis. Pourtant, paradoxalement, si on reste dans le quartier des affaires, des administrations et en centre ville, on bénéficie d’un cadre de vie très agréable : la proximité de la Maison Blanche garantit une sécurité nuit et jour, la circulation est fluide si on la compare à celle des autres capitales et surtout, les arbres et les parcs y sont innombrables. Washington est la ville la plus verte qu’il m’ait été donné de visiter. Si je devais ne retenir qu’un souvenir, qu’une image, qu’une émotion, ce serait bien évidemment un long mur de marbre…



De tous les pays que j’ai visités jusqu’ici, les Etats-Unis présentent une particularité pour le moins étonnante : c’est le seul pays dans lequel je n’ai vu aucun restaurant Mc Do !




Dimanche 4

Le défi du jour est de gérer le litige d’hier concernant ma valise. Je repasse donc au service bagage d’Air France pour leur rappeler de ne pas me livrer la valise à domicile, mais en fonction des nouvelles du jour, de me la faire suivre à Cayenne. Heureusement, je tombe sur la dame qui a constitué mon dossier hier et celle-ci m’annonce que ma valise sera probablement transférée sur la Guyane demain, et que je la récupérerai en soirée.

Une fois sur le sol guyanais, je me dirige vers le service bagage pour l’en informer et y laisse mes coordonnées. Avec les collègues, nous prenons la voiture de location et nous nous rendons vers notre hôtel habituel. Nous savions que les patrons ont mis l’établissement en gérance mais nous sommes très déçus de constater que la carte a été complètement revue et que le fameux blaff que nous nous étions promis n’y figure plus. Tant pis. Nous avons faim, et nous contentons donc de plats plus ordinaires.

Nous filons ensuite vers l’annexe de l’hôtel, toujours tenu lui par les anciens patrons et y recevons un excellent accueil. Nous y voyons Bruno, le cuistot, lui expliquons notre déception, et celui-ci nous promet un blaff avant notre départ !



Lundi 5

Nous avons convenu de prendre notre temps pour apprécier le petit déjeuner, et bien nous en a pris : il est à l’image de l’accueil, personnalisé. Nous avons même du pain et des croissants maison !



La journée de travail se déroule au mieux, malgré un auditoire peu nombreux mais toutefois particulièrement attentif et intéressé.

Le soir nous nous retrouvons à l’hôtel avec nos amis désormais installés à Cayenne. Comme promis, Bruno, nous a contacté un blaff mixte gambas-acoupa, avec du riz et un délicieux gratin de bananes à la crème fouettée. En entrée, nous avons dégusté une excellente salade au poulet boucané tandis qu’au dessert, nous nous sommes rafraîchis avec une salade de fruits à base de goyaves. La soirée fut si bonne, agrémentée d’anecdotes, de souvenirs et de francs éclats de rire, que nous sommes arrivés à minuit sans nous en rendre compte. Tout le monde devant se lever tôt, nous nous sommes séparés, jusqu’à notre prochain passage en Guyane.


Mardi 6

Seconde journée de travail. Une journée particulièrement dense puisque le programme de demain matin a du être avancé et compacté avec celui du jour, la majorité de notre public ne pouvant finalement se libérer. Cet épisode aura surtout l’avantage de nous laisser libre une bonne partie de la journée de demain, avant de prendre notre avion.

En fin de matinée, je pars vers l’aéroport car je viens d’apprendre que ma valise est enfin arrivée. Je suis heureux de la retrouver, même s’il lui manque une roue de plus et que je vais donc devoir en racheter une. Cela vaut mieux que de ne pas la retrouver du tout. Demain, où peut-être jeudi, je ne sais pas, je pourrais me raser et rendre à mes joues le glabre d’une peau fraiche et douce !

Ce soir, Bruno nous invite à nous joindre à sa table familiale, à laquelle il reçoit un couple d’amis. Nous acceptons avec plaisir et nous passons de nouveau une excellente et gastronomique soirée : nous dégustons un kroupia-roche accompagné d’une crème de piment que je ne suis pas près d’oublier.




Mercredi 7

Nous ne sommes pas pressés ce matin et prolongeons donc le petit déjeuner jusqu’à 9H15. Nous demandons alors à Bruno et à sa sœur ce qu’il nous est possible de faire, compte tenu du temps dont nous disposons. Il nous propose alors une balade en pirogue sur la Crique Gabrielle, très proche. Cette balade durant environ trois heures c’est jouable. Nous appelons pour réserver, mais malheureusement, sur le point de partir, les organisateurs ne souhaitent pas nous attendre.

Nous décidons donc de monter à Kourou. A la sortie du chef-lieu, nous traversons la Rivière de Cayenne. Un pont d’environ mille deux cents mètres enjambe ses eaux rougies par les sédiments de la forêt amazonienne. Il en va de même, cinquante kilomètres plus au nord pour celles du fleuve Kourou. Nous entrons dans la ville qui offre un surprenant contraste avec l’image ultra moderne du Centre Spatial Guyanais qui s’y est installé. Pour l’anecdote, la superficie du terrain du CSG est équivalente à celle de la Martinique, ce qui illustre l’échelle insoupçonnée de l’immense Guyane.



Nous nous garons près de la mer et marchons ensuite, face au vent, jusqu’à la pointe Dreyfus, au sud de la ville. Au loin, les îles du Salut peinent à émerger de la brume. Nous sommes quasiment seuls sur ces rochers que la violence de l’atlantique et les millions d’années de flux et de reflux ont parfaitement polis. Seuls quelques échassiers nous tiennent une méfiante compagnie. Cette pointe marque l’embouchure du fleuve Kourou dont la marée montante semble repousser les eaux agitées.

Un chantier surprenant est en cours sur les abords de la pointe : un trimaran qui a chaviré en novembre 2005 pendant la transat « Jacques Vabre » s’est échoué en Guyane quinze mois plus tard. Ce chantier, d’une durée de deux ans, devrait permettre à la Région de disposer d’un navire étendard qui défendra haut et fort les couleurs de son secteur maritime.



Nous reprenons la route après un repas rapide. La circulation est fluide ce qui nous laisse le temps de passer par Dégrad de Cannes, à l’embouchure du fleuve Mahury, et de remonter vers Cayenne en empruntant la route des plages, le long de laquelle nous marquons quelques étapes et admirons les magnifiques paysages océaniques.

L’heure est venue de nous rendre à l’aéroport où nous arrivons d’autant plus en avance que l’avion se posera à l’heure précise où il doit décoller ! Nous nous posons donc vers vingt deux heures, avec une heure de retard, à Fort de France. Comble de malchance, sur la route du retour, je dois patienter une dizaine de minutes dans un bouchon nocturne !



Ce bref passage en Guyane avait la particularité de venir à la suite immédiate de ma semaine américaine : l’aspect sauvage, libre et pur de cet immense territoire, en sont d’autant plus flagrants ! Les émotions sont totalement différentes et si Washington – du moins son centre – est une ville fort agréable, elle reste une ville.

Quant à la Guyane, sont vert et son rouges me manquent déjà, sans parler de ses inimitables saveurs ! Et puis en Guyane, il y a des Mc Do ! Il me semble bien en avoir aperçu un du côté de la Gendarmerie, à Kourou…





Commentaire (1)

1. maé Le 13/05/2008 à 03:07

eh ben di dc tu as vu francois fillon ! bon c'est pas comme si c'etais madonna mais bon lol
et puis moi je dis vive air france! à chaques fois que je lis tes mésaventures ben t tjr emmerdé ac les compagnies américaines!
bises
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Dernière mise à jour de cette page le 10/05/2008

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