JOURNAL DE BORD - SAINT-MARTIN - AVRIL-MAI 2007

DEUX PAYS POUR UN CAILLOU


Depuis le temps que j’entendais parler de cette île, l’envie de m’y rendre grandissait et ce qui devait arriver arriva, j’ai acheté les billets d’avion et réservé une chambre d’hôtel, non sans prendre les conseils avisés de connaissances vivant sur cette île, disons-le de suite, paradisiaque.:29:


Samedi28 avril 2007

Le décollage a lieu comme prévu à 6H45. Ce qui n’était pas prévu en revanche, c’était une horde de soignants en psychiatrie qui refont bruyamment le monde, et qui non seulement ne descendent pas pendant la longue escale guadeloupéenne, mais, pire, sont rejoint par leurs homologues, tout aussi démonstratifs… Nous arrivons toutefois sans encombre à Grand Case où nous étions attendus comme prévu. Nous rejoignons l’hôtel après une rapide visite du village de Grand Case et de la « capitale », Marigot.

L’après-midi est consacré à la découverte des environs immédiats : piscines et plage de l’hôtel le long du lagon, et baie Nettle (baie des orties). La plage y est étonnamment déserte. Nous apprendrons plus tard que la proximité de baie rouge explique cette situation. Nous mangeons au resto de l’hôtel. On y mange si bien que nous y dînerons presque tous les soirs, d’autant que les prix sont raisonnables. Pendant que nous sirotions un délicieux cocktail exotique, nous sommes reconnus par un copain martiniquais de passage ! Le monde dit-on est petit, en voici une preuve supplémentaire.:63:


Dimanche 29 avril

Nous avons rendez-vous à l’hôtel pour prendre livraison – on ne se refuse rien – de la voiture de location, indispensable à Saint-Martin. Le monde étant petit, disais-je, le loueur est l’homonyme parfait de mon père. L’apprentissage de la conduite d’une automatique est rapide et on prend vite goût aux vacances sinistropédestres, c'est-à-dire la mise en congé du pied gauche. Evidemment, on se tape l’ouverture matinale du pont qui donne accès trois fois par jour au lagon. Heureusement la clim fonctionne parfaitement, mais les estomacs réclament le petit déjeuner, qui sera donc copieux : toasts, omelette, bacon, saucisses, salade de fruits, yaourts, viennoiseries, café, jus de fruits etc…., le tout sur le bord du lagon, au son d’une musique parfaitement en phase avec cette douceur…



Nous partons ensuite pour un circuit en partant vers l’ouest. Nous nous arrêtons à la plage de Maho Bay. La piste de l’aéroport Juliana (nous sommes à Sint-Maarten, côté hollandais donc) débouche en bordure de plage, si bien que les avions survolent la plage à environ dix mètres d’altitude. Un panneau avertit du danger de mort pouvant survenir du fait du souffle des Boeing 747 et autres gros porteurs qui atterrissent là, vers 13H30 quotidiennement. Il est encore tôt, nous nous contenterons de l’atterrissage de « petits » appareils, déjà impressionnants. Nous rejoignons ensuite Philipsburg, la capitale. Le front de mer est magnifique : l’eau est turquoise, la promenade est déserte. Derrière, une rue, « front street » regorge de boutique de luxe, tandis que la suivante « back street » offre un visage tiers-mondiste. Le contraste est saisissant et vaut également pour la propreté, front street étant nickel et back street souillé de poubelles pleines et de papiers gras jonchant caniveaux et trottoirs. Nous mangeons une salade face à la mer, avec vue sur l’île voisine de Saba qui découpe ses montagnes à l’horizon. Nous remontons par l’est avec des arrêts notamment à Dawn Beach (plage de l’aurore) et Oyster Pond (bassin aux huitres) qui offrent des vues admirables sur l’Atlantique ainsi qu’à Grand Case et ses innombrables restaurants traditionnels qui bordent une plage de rêve, face à l’île d’Anguilla qui étire ses plages au soleil couchant.




Lundi 30 avril

Comme la veille, une averse marque le début de la matinée. Après le petit-déjeuner (toujours aussi copieux) nous partons pour une journée de shopping à Marigot : tout est en effet fermé à Philipsbourg pour cause de « journée de la reine » et de carnaval. Mais le côté français est également propices aux bonnes affaires pour qui prend sont temps et paie cash en dollars, souvent acceptés au taux de « un pour un », particulièrement avantageux quand l’euro est à 1,36 dollars…



Le principal attrait du centre de Marigot est la Marina Royale, bordée de restaurants et brasseries, très accueillante et calme. De magnifiques voiliers y sont amarrés, côtoyant le luxe discret de quelques yachts, somme toute modestes si on les compare à leurs grands frères qui mouillent côté hollandais. Nous finissons la journée à la plage de Baie Rouge, tout simplement magnifique, qui s’ouvre sur la mer des caraïbes dans laquelle plonge déjà le soleil. Il est temps de s’en retourner à l’hôtel, les cocktails diaboliquement délicieux nous y attendent…





Mardi 1er mai

Cette fois l’averse matinale dure deux heures, ce qui retarde notre départ vers l’Anse Marcel. Nous la découvrons vers 11 heures, déserte. Nous nous plongeons dans ses eaux chaudes et turquoises dans lesquelles le plaisir de nager est bien plus intense encore qu’en Martinique. C’est dire ! Nous nous promenons ensuite autour de la marina après avoir traversé « par erreur » le somptueux parc, très coloré, de l’hôtel de luxe « le domaine ». Le col de l’Anse Marcel offre un panorama grandiose sur l’est : Caye verte, Orient Bath, Little Key, Ilet Pinel et, au loin, les montagnes de Saint Barthélemy.

Sur le chemin du retour, nous faisons une nouvelle halte à la Marina Royale de Marigot avant de terminer l’après-midi dans les eaux cette fois douces de la piscine de l’hôtel.




Mercredi 2 mai

Nous avons rendez-vous à 8h30 à l’Anse Marcel pour une journée en mer à Bord d’un catamaran, le « Scoobi Free » avec escale sur l’îlet, « Prickley Pear ». Le bateau fait d’abord une petite halte à Grand Case, histoire d’embarquer quelques touristes américains et hollandais qui heureusement seront calmes, discrets, sympathiques même. Nous naviguons quelques temps au moteur avant de hisser grand voile et génois : « Allez, on fait du bateau ! ». Nous contournons Anguilla par sa pointe ouest, d’où nous pouvons admirer les immenses plages de sable blanc. L’île est plate, aucun nuage ne trouve colline où s’accrocher…



Enfin, après environ deux heures, portés par un vent d’est soutenu, nous franchissons un détroit qui offre refuge à des fous aux pieds bleus, très occupés à nidifier en cette période : la pierre volcanique restituant la chaleur du soleil, les nids sont rudimentaires. Les oiseaux viennent saluer le voilier, à moins qu’ils ne viennent lui signifier qu’il dérange…




Nous mouillons quelques instants plus tard sur la plage nord de Prickley Pear. Les eaux sont limpides, d’un turquoise qu’on ne peut imaginer. Si le paradis existe, il ressemble à Prickley Pear. Vite nous enfilons les palmes et ajustons les tubas. Nous nageons quelques brasses vers un récif corallien qui offre ces merveilles à nos regards incrédules. Les poissons y sont rares mais gros, chacun d’une couleur différente. Les fous viennent nager avec nous, à quelques centimètres. Il nous survolent, laissant admirer (à moins d’un mètre !) le bleu brillant du dessous de leurs ailes, reflet turquoise de la mer. Une courte heure plus tard, il faut hélas aller manger. Immédiatement après, je ne peux résister et me replonge dans ces eaux irréelles. Je me fixe au dessus d’une raie. Elle m’observe. Je descends la saluer. Elle commence a ramasser le sable autour des ses ailes, pour se cacher. Je remonte respirer. Elle avance. Je la rejoins. Ce ballet dure quelques minutes. Je décide de m’approcher encore. Je plonge. J’arrive à quelques centimètres d’elle. La pression me serre les tempes. Elle choisit cet instant pour s’envoler, tel un oiseau, dans un battement d’aile d’une grâce toute aérienne. Je la remercie et la laisse retrouver la quiétude de ces eaux magiques.




Après une nouvelle heure de natation - je retrouve mes sensations de glisse, je me régale – je rejoins le catamaran. Nous levons l’ancre et repartons vers Anguilla, puis Saint-Martin, en tirant des bords. Privilégié, je m’installe à la barre, avec le skipper qui me prodigue un cours de navigation à la voile passionnant. Les secrets des vents adonnant ou refusant m’échappent encore, mais je saisis l’essentiel. Les alizés soufflent à 24 nœuds, parfois vingt huit. Nous filons à huit noeuds, droit vers le sud de Saint-Martin. Nous remontons ensuite le long de la côte caraïbe. Nous passons successivement la Baie aux Prunes (derrière le lagon et Simpson Bay), la Falaise aux Oiseaux, Baie Rouge, le Trou de David, la Pointe du Bluff, la Baie de Marigot, Rocky Bay, Friar’s Bay, Happy Bay, Grand Case et revenons, fourbus, la peau rougie à la marina de l’Anse Marcel. Il est 18 heures.





Jeudi 3 mai

Les meilleures choses ont une fin. Il faut restituer le véhicule. Nous restons donc à l’hôtel et apprécions une dernière fois la plage sur le lagon, la piscine, le calme, la douceur, le repos. Nous rejoignons l’aéroport (aérodrome ?) qui offre, outre un bar avec des ice-teas très rafraîchissants, une salle d’embarquement très typique avec ses bancs en bois vernis. Un peu plus tard, l’ATR 72 décolle….




Saint-Martin et Sint-Maarten, deux parties bien distinctes pour un caillou paradisiaque. Bien distinctes car à l’opulence presque ostentatoire de la partie hollandaise avec ses seize ou dix-sept casinos, répond l’aspect modeste, traditionnel et créole de la partie française qui ressemble à ses sœurs antillaises tout en présentant des caractères tout à fait originaux comme la pluralité des langues (anglais, créole, français, espagnol etc…) due à la présence d’une centaine de nationalités pour environ cent mille habitants sur l’île. Un paradis où il doit faire bon vivre si on sait s’adapter aux nombreuses contraintes : vie chère, manque de tout, pollution croissante (tout arrive, rien ne repart : pneus, carcasses etc…) éducation a minima sauf dans les établissements privés et encore, coût exorbitant des transports pour rejoindre ne serai-ce que la Guadeloupe ou même Saint-Barthélemy. Entre autres.

Cependant, il faut aller découvrir cette île. Elle partage de nombreux points communs avec Barbade – du moins je trouve. Le principal ? J’ai une envie folle d’y retourner ! ! !

Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 30/05/2007

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Littérature
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web