JOURNAL DE BORD - REPUBLIQUE DOMINICAINE - MAI 2006

RAPIDE INCURSION EN REPUBLIQUE DOMINICAINE


2 AU 5 MAI 2006


 


 


Ou plutôt à Saint-Domingue, puisque je n’ai pu visiter que la Capitale.


 


Je suis arrivé à 6h… à l’aéroport du Lamentin, pour prendre mon avion à 8 heures, c’était largement suffisant. Surtout que suite à un mouvement de grève – curieuse expression puisque dès lors qu’une grève surgit, plus rien de bouge – des pilotes d’Air Caraïbes, nous ne décollâmes que vers midi, pour un vol finalement direct sur Santo Dominguo, en Espagnol dans le texte, après avoir obtenu des informations contradictoires sur le motif de cette grève, ainsi que sur sa durée. Bref… Un collègue de l’Ambassade ne nous attendait plus à l’aéroport, et nous (nous étions deux) dûmes le faire revenir pour qu’il puisse nous amener à l’hôtel. Hôtel mélia, 3, 5, 8, 12 étoiles peut-être, que jouxte un casino dont le distributeur de billets est en panne, mais je n’avais aucune intention de jouer. Piscine, groom, chambre aussi vaste que mon appartement. Mais aucune âme. Nous mîmes à profit la toute fin d’après-midi pour nous aventurer dans les ruelles blanches de cette capitale « hispano » où habitent environ 2,5 millions de Dominicains, dont 70% de métis, et l’âme (en voici une pour de vrai) de Christophe COLOMB. Une pauvre femme, manifestement crackée s’est vainement approchée de nous pour solliciter je ne sais quoi, ou plutôt je sais quoi. Nous avons ensuite mangé une excellente viande rouge dans un resto français où malheureusement un chanteur de charme hurlait des reprises de Julio et d’Aznavour (la mama…) le tout en espagnol.


 


Le lendemain, après une journée d’assemblée plénière longue et douloureuse – qui avait cependant le mérite d’être en Anglais, ce qui permet de ne pas perdre la main ou plutôt la langue – nous avons cette fois effectué une visite nocturne du vieux Saint-Domingue et avons pu admirer de nombreux monuments et églises du XVI° siècle, dont bien entendu, la maison de Colomb. Curieusement, selon d’honnêtes vendeurs qui arpentent les trottoirs, de nombreuses boutiques sont en liquidation et proposent de véritables affaires. Sur le chemin du retour, dans une obscurité quasi totale, nous avons eu la surprise de constater que les plaques d’égout étaient absentes et qu’un simple pas aurait pu nous précipiter quelques mètres plus bas. Le reste de la route fut effectué tête baissée. Ensuite, nos hôtes avaient prévu une soirée cocktail fort sympathique autour de la piscine de l’hôtel, soirée ponctuée par un feu d’artifice en l’honneur de l’anniversaire du Président de l’institution qui nous réunissait. Un magnifique souvenir nous fut remis, ainsi qu’un pins, le tout sur des salsas ensoleillées des trois groupes de musiciens et danseuses qui se sont succédés.


 


Le jeudi, l’assemblée clôtura ses travaux vers 13h. Nous allâmes manger une rapide pizza, et fûmes littéralement assaillis par une armée de cireurs de chaussures que la pauvre serveuse ne parvint pas à mettre en fuite et nous nous retrouvâmes François PERRIN, une chaussure claire, l’autre foncée. Mais sans violon. Nous avons encore passé l’après-midi en visites culturelles, dont la maison de Colomb où on ne perd guère de temps à lire les explications. Une plage bordant la mer des Caraïbes nous surpris par sa fonction de décharge publique : des milliers de bidons et autres détritus en couvrent la quasi-totalité du sable que l’on devine blanc. Dommage…


 


Le soir nous avons cette fois mangé dans un resto brésilien où nous avons goûté un échantillon de nombreuses viandes en brochettes, précédées d’un délicieux Kaipirini. Notre collègue en poste sur place nous raconta les 1500 meurtres annuels et le curieux destin des dominicaines, prostituées de mères en filles, et exportées dans le monde entier avant de se reconvertir dans la coiffure. Un cursus classique pour les filles de cette République dont la majorité sexuelle est d’environ 12 ans, ce qui contribue à un tourisme sexuel surtout de la part des Américains et Canadiens. Un tourisme sexuel toléré : les filles sont adolescentes. En Thaïlande, c’est grave, ce sont des enfants… No comment. Pendant ce temps, alors que nous ne savions plus si nous étions au Brésilien où au Palais du Jambon – en effet les serveuses des deux restos voisins se succédaient à certaines tables – nous avons admiré la grâce de danseuses sévillanes, sur une musique qui pour une fois n’empêchait pas de discuter. C’était donc parfait.


 


Nous avons dormi dans un autre hôtel : une maison ancienne réhabilitée, au cachet soigné et au prix raisonnable pour un confort égal. Le lendemain, au petit déjeuner, un autre collègue, en poste à Port au Prince, nous raconta Haïti, sa foule, son instabilité, sa misère, sa cité soleil, ses chimères, sa Minustah (dont les soldats Jordaniens – en fait Palestiniens à 90% - font du prosélytisme islamique et revendent leurs munitions aux gangs), et surtout son vaudou, auquel tout le monde croit et qui donc existe.


 


Le vol retour se déroula sans encombres. Nous sommes rentrés avec peu de choses, mais avec pour ce qui me concerne une tête pleine de souvenir et de salsa ainsi qu’une forte mais prudente envie d’aller voir en Haïti la réalité d’un chaos dont chacun s’accorde à penser qu’il sera hélas durable.


 


 

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Dernière mise à jour de cette page le 23/09/2006

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