JOURNAL DE BORD - PEROU - DECEMBRE 2005

 


DECEMBRE AU PEROU


 



 Nous sommes partis de Fort de France le 3 décembre. La première surprise fut la taille de l’avion – coucou ? - qui devait nous emmener à Caracas : dix neuf places, pas de toilettes, mais deux moteurs à hélices qui finalement ont correctement fonctionné pendant les deux heures de vol. Sinon, je ne serai pas là à vous raconter ma vie ! Nous avons décollé avec 30 minutes de retard, le temps de trouver et débarquer les bagages de trois passagers retenus par la PAF.


 


Arrivés à Caracas, il nous fut assez difficile de savoir si oui ou non les bagages suivaient jusqu’à Lima. Nous avons fini par en obtenir l’assurance – les quatre heures d’attentes ne furent pas de trop – mais au moment de nous présenter à l’embarquement nous avons appris que si les bagages étaient bien enregistrés, ce n’était pas notre cas ! Heureusement, il restait quelques places dans l’avion…. Un vrai cette fois.


 


Le dimanche, en compagnie de notre hôte et de son épouse, nous avons marché de l’hôtel situé à San Isidro – 4 étoiles méritées – jusqu’à Miraflores et plus précisément Larco Mar, un centre commercial qui du haut de sa falaise domine un Pacifique embrumé et la baie de Lima. Nous y avons mangé après avoir découvert le Pisco sour en apéro et le jus de maïs en digestif. Etonnant. Nous avons ensuite arpenté le centre de la capitale : place d’armes, rue piétonne envahie où on remarque que les mamans portent les bébés dans leur bras et ne poussent donc pas de landaus, enfin place du Général San Martin, illuminée, la nuit étant tombée. Nous avons discuté avec deux charmantes policières municipales, manifestement contentes de rencontrer des français, avons observé des vautours (urubus ?) nichés parmi les statues de la cathédrale. Nous avons également remarqué une présence massive de policiers, vêtus de gilets pare-balles, et la présence d’une auto mitrailleuse aux abords du palais du chef de l’Etat.


 


Le lendemain, en roulant vers l’ouest, nous avons été particulièrement étonnés par le paysage : un désert lunaire, à proximité immédiate de la ville, au milieu duquel un lac artificiel formaient une oasis d’où émergeait tout un quartier. Nous avons aussi découvert la conduite dite défensive des automobilistes de Lima. Notre taxi, constatant notre angoisse manifeste, nous a fait un show qui déclencha un fou rire, bien évidement nerveux. Conduire à Fort de France après ça, c’est plonger dans sa baignoire après une descente dans les rapides du fleuve Congo !


 


Le mardi, nous apprenions le décès pendant la nuit de cinq policiers, abattus par un commando venu délivrer un trafiquant qu’ils escortaient. Banal… Sur le chemin du retour, le chauffeur – un indien – nous racontait qu’il ne pouvait plus retourner dans son village, qu’il était condamné à mort par les narcotrafiquants, qu’il n’avait donc pu assister aux obsèques de sa mère.


 


Le soir, avant d’aller manger, en attendant les collègues en shopping actif, j’ai assisté à un carrefour, à un indescriptible spectacle mené de mains de maîtres par les conducteurs pour qui les stops et feux ne sont manifestement implantés qu’à titre indicatif. D’une voiture jaune, dans un état lamentable, sont soudain sortis deux types patibulaires qui apportaient des tableaux à un revendeur. Origine ? On me déconseilla de photographier. Nous avons ensuite dîné dans un resto espagnol. Le patron, très francophile – photos de Paris en décor – n’a pu s’empêcher de nous présenter sa « collection » de bijoux et pierres précieuses. Nous n’avons pas cherché à savoir si cette activité était déclarée. Nous connaissions la réponse…


 


Le lendemain, nous avons traversé les dangereux quartiers qui mènent au port à Callao : bidonvilles, ghettos, misère et miradors autour de la moindre fabrique en prévention des attaques de gangs. En tout, deux heures de « voyage ». Pour le retour, nos hôtes nous avaient concocté une visite de la ville. Nous avons donc pu apprécier le bord de mer, les plus belles places de Lima, le couvent San Domingo, le Congrès (où nous avons siégé !),  le musée de l’Inquisition. Longue journée puisque nous ne sommes rentrés à l’hôtel qu’à 21h.


 


Le jeudi 8 étant férié au Pérou, nous n’avons pas travaillé et en avons profité pour visiter la Huaka Pucllana, vestige des civilisations pré inca situé en plein cœur de San Isidro. Comme pour toutes les constructions que nous avons pu admirer, Pucclana a été édifiée selon des techniques antisismiques. Nous sommes ensuite retournés à Larco Mar avant de rentrer en taxi en faisant un détour le long du front de mer où quelques surfeurs courageux affrontent un océan à 12°. Le soir, nous avons mangé en compagnie d’Hector, de son épouse, et de notre interprète, dans un restaurant où trois appétits auraient eu du mal à venir à bout d’une assiette. De bœuf ou d’alpaga, la viande péruvienne est succulente et le vin, du Chili ou du Pérou rivalise avec nos meilleurs crus. Le pisco aussi était excellent. Malheureusement, il n’y avait plus de couy (cochon d’Inde).


 


La deuxième partie du séjour, purement touristique, commença le samedi. Nous avons pris l’avion pour Cusco où nous sommes arrivés en fin de matinée et entre deux montagnes. Deux heures de repos –insuffisantes- pour amortir le choc de l’altitude et nous voilà partis en visite en bus. Pendant les quatre jours en montagne, nous avons été particulièrement bien accueillis, gérés, promenés, logés. Voyage parfaitement organisé. Nous avons visité la cathédrale, le couvent San Domingo ainsi que trois sites archéologiques parmi lesquels Saqsayaman et Pucapukara. Dois-je absolument rechercher le nom du troisième ?


 


Le dimanche, le mal de l’altitude étant oublié, grâce en partie au maté de coca, nous sommes partis en pleine forme, dès 8h30,  pour la vallée sacrée dont les paysages sont somptueux. Nous avons fait étape à Pisaq, Ollontaytombo et Chinchero (3800 m) où nous fûmes chaque fois frappés par l’authenticité des villages, des marchés, de la population. Perché à plus de trois mille mètres, en pleine cordillère des Andes, un autre monde. Nous avons mangé dans une pittoresque hacienda le midi tandis que le soir nous nous sommes retrouvés dans un restaurant de Cusco où avait lieu un spectacle musical. Un groupe de folklore typiquement péruvien a égayé ce repas, tandis que sur chaque table, flottaient les drapeaux colombiens, français ou japonais selon la nationalité des convives. Seul couac, une des danseuses a eu la malencontreuse idée de venir me chercher et j’ai dû me donner en spectacle pendant quelques longues minutes. Mais comme elle était très jolie sous son masque, cela restera quand même un bon souvenir !


 


Le lendemain, nous sommes partis aux aurores pour le Machu Picchu : 4 longues heures de tortillard pour 100 km, avec zigzags pour sortir de la cuvette de Cusco. Puis, une demi-heure de bus avant  d’atteindre ce site grandiose qui vaut sans hésitation les longues heures de promenade à travers la vallée.


 


Le mardi matin fut consacré à la visite du musée inca, où nous avons tout appris sur les cultures inca et pré inca, mais déjà si vite oublié !


 


Voilà qui marquait la fin du séjour.


 


Le voyage retour allait s’avérer très long. 15h : rendez-vous avec le guide de l’agence de voyage pour nous amener à l’aéroport. 16h30 : Cusco-Lima avec Lan, excellente compagnie. Les longues heures d’attente à George Chavez furent écourtées grâce à la compagnie – charmante – de Nawel, une étudiante en médecine qui elle aussi avait six heures à tuer avant de décoller pour Buenos Aires. 1h : Lima-Miami où tout se passe bien. Alain se rendra cependant compte à l’arrivée qu’une de ses valises a été fouillée sans aucun ménagement par les autorités américaines : les plots d’une prise de chargeur ont même été sectionnés à la pince ! Pourquoi ? Mystère. Comme le précédent, le vol Miami- St-Domingue était réservé sur American Airlines : compagnie à éviter dans la mesure du possible car les hôtesses ne sont pas aimables (ni jolies d’ailleurs) on y mange très mal et à des heures défiant toute logique : 1h30 du matin, rien à l’heure du petit déjeuner par exemple. A 15h30 – le mercredi donc – air caraïbes prenait le relais pour nous amener à Pointe à Pitre avec un retard dû à une recherche de passager perdu - ???? et la compagnie hurlante et stéréophonique de deux bébés et d’une doudou forcément sourde pour parler aussi fort. A mois qu’elle essayait de couvrir les vociférations bambinesques. Idem pour le dernier saut entre la Guadeloupe et la Martinique. L’enfer existe, je l’ai rencontré un soir de décembre, entre Saint-Domingue et Fort de France.


 


Nous avons enfin foulé le sol martiniquais vers 19h, après 28 heures d’un périple autour de la mer des Caraïbes, qui comme ce séjour au Pérou, restera longtemps inscrit dans ma mémoire.


 


Pour en savoir plus, aller visiter les sites du Pérou ! (voir liens) 



 


 


 


 


 


 


 


 


 

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Dernière mise à jour de cette page le 23/09/2006

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