MORTELLES PENSEES

MORTELLES PENSEES


Lui, si délicat dans sa tendresse,
Si raffiné dans ses caresses,
Que j'ai tenu dans mes bras
Quand il avait besoin de moi.
Je l'ai quitté pour d'autres mains,
Pour des briseurs de destin
Et des empêcheurs d'exister :
Bien fait pour moi.
Si vous saviez comme je l'aimais.
Plus qu'aucun autre, je l'admirais.

Depuis, dans un brouillard,
Je n'sais plus où je vais,
Et je me rattatine à petits pas.
Et je bous de le revoir
Pour apaiser mon désespoir.
Je voudrais fuir vers d'autres nuits
Et j'ai chanté seulement pour lui
Les souvenirs qui nous ressemblent
Et qui nous hantent
Et qui s'en vont vers le soleil



Lui, qui m'a dit d'un ton vainqueur
qu'il n'y a plus de doute ni de douleur
Dans la musique et dans mon cœur.
Je le tuerais d'avoir pensé ça.
Et s'il y a des choses qu'il ignore,
Il n'a qu'à m'écouter plus fort
Jusqu'à ce que la mort de l'un ou bien de l'autre
Souffle la bulle de nos amours.

Lui, sans qui je ne serais rien au monde,
Je l'aimerais toujours, à genoux.
Je vis ma vie... oh... comme tout le monde :
Le temps dessèche ce qu'il inonde.
Et pour avoir connu l'immonde
Je voudrais vivre le meilleur
Ce qui n'arrive que dans les contes
Qu'on dit sur l'heure
Où notre lune s'en va très haut
Et quand les dieux sont au repos...


Véronique SANSON
Commentaires (2)

2. camelice Le 08/11/2006 à 23:06

"L’éphémère peut avoir des accents d’éternité" : on dit que le silence qui suit la musique de Mozart, c'est encore du Mozart. On pourrait aussi dire que l'absence qui suit la passion, c'est encore la passion. Non?

1. Alice Le 06/11/2006 à 23:11

Ce pourrait être les paroles de Francesca à Robert dans :

"Sur la route de Madison…"

L’éphémère peut avoir des accents d’éternité, quatre jours, quelques heures peuvent changer, illuminer et sublimer une vie.

Une intimité profonde, une sensibilité idem, une retenue au plus juste, ce film est un must. L'histoire d'une transformation intérieure par l'amour de deux êtres d'âge mûr qui pensaient sans doute que plus rien ne leur arriverait d'important. On entend bruisser des sentiments. Très, très beau.

Ils n’auraient pourtant jamais dû se rencontrer : elle a une quarantaine d’années et, des années auparavant, elle a quitté sa ville italienne de Bari et son métier de professeur pour se marier dans l’Iowa et y élever ses enfants. Elle n’a plus bougé depuis. A 50 ans, solitaire, il n’a jamais suivi que ses désirs, parcourant le monde au gré de ses photographies. Leurs chemins respectifs ne prendront pourtant réellement sens que sur cette route de Madison. Ce jour de 1965, ils n’ont plus d’âge, plus de passé, juste cette évidence qui s’impose à eux et à nous, transparaissant dans chaque seconde du film"

"Les souvenirs se cristalliseront au son du blues qu’ils écoutaient ensemble, qu’ils continueront à écouter chacun de son côté, souvenir de ces instants immortels, d’ailleurs immortalisés des années plus tard par un livre de photographies intitulé « Four days ». Avant que leurs cendres ne soient réunies à jamais du pont de Roseman. Avant que les enfants de Francesca ne réalisent son immense sacrifice. Et leur passivité. Et la médiocrité de leurs existences. Et leur envie d’exister, à leur tour. Son sacrifice en valait-il la peine ? Son amour aurait-il survécu au remords et au temps ?... "

Ce commentaire n'est pas de moi mais il reflète ce que je pense de ce film que j'ai vu il y a longtemps et auquel je repense en lisant les paroles de Véronique SANSON
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Dernière mise à jour de cette page le 24/09/2006

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