UNE SEMAINE EN AMAZONIE

UNE SEMAINE EN AMAZONIE


Du 8 au 14 mars 2008

Samedi 8 mars

C’est la journée de la femme ! C’est surtout le jour du départ. Toute l’équipe est au rendez-vous, à l’heure. L’avion aussi, et nous décollons donc comme prévu à 8H35. Le vol se déroule sans événement majeur, juste quelques turbulences au dessus de l’Atlantique.

Toutefois, alors que les hôtesses viennent de servir un mini plateau mini-déjeuner, une passagère s’agite, élève la voix, et provoque l’intervention d’un steward musclé qui la maîtrise avant de l’emmener vers l’arrière de l’appareil. Nous ne saurons pas ce qu’il lui a pris ni les raisons de sa brusque colère. Mystère…

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Nous nous posons à 11H35, heure locale, sur l’aéroport de Rochambeau. Le temps de récupérer nos bagages, de signer le contrat de location du véhicule, de rater l’embranchement de la N1 vers St-Laurent, nous prenons possession une heure plus tard de nos chambres respectives, à Matoury.



Nous repartons quelques minutes plus tard pour Cayenne où nous mangeons sur la place des Palmistes dans un restaurant qui vient de rouvrir après travaux : le décor est multicolore, très emprunt du style psychédélique des années 70. Nous y dégustons un excellent filet d’acoupa sauce maracuja, avant que les filles impatientes ne retrouve une boutique africaine où elles s’achèteront de très jolies robes et jupes en « real wak » - en bantou dans le texte – dans une ambiance très bon enfant. S’ensuit un court passage dans un magasin brésilien avant de laisser la Préfecture sur notre droite et de monter le long d’un chemin qui mène vers les restes d’un fort qui surplombe la ville : l’avenue De Gaulle sépare le centre ville en deux, tandis que l’Atlantique, verse ses eaux brunes le long d’une côte sauvage. Au loin, quelques collines bordent la ville.

De retour à l’hôtel, nous nous retrouvons autour d’une trop courte piscine où je nage une bonne demi-heure. Nous sommes ensuite rejoints par un ancien collègue, désormais affecté en Guyane et son épouse. Nous passons une excellente soirée autour d’un blaff de gambas absolument délicieux.



Dimanche 9

Nous avons rendez-vous à 8h pour un petit footing, histoire de garder la forme. La pluie se met malheureusement à tomber drue juste au moment de partir. Nous patientons jusqu’à 8H30, heure à laquelle nous renonçons et allons prendre notre petit déjeuner. Nous remettons la mise en forme à l’après-midi, si le temps le permet. Vers 9h30, la pluie redouble et nous retournons travailler, chacun de notre côté en préparation de notre conférence du lendemain.



Nous décidons ensuite de manger à l’auberge des Plages, à Montjoly. Toujours sous la pluie, nous prenons le chemin des écoliers, et roulons quelques kilomètres qui nous permettront notamment d’apprécier un magnifique panorama sur l’océan. Nous rejoignons ensuite le restaurant, au bord d’une plage sauvage sur laquelle la mer jette ses rouleaux rouges. Au loin, les ilets « le Père », « la Mère » et « les Mamelles » percent à peine le ciel lourd et gris. Nous y mangeons très bien malgré un accueil glacial. Pendant ce temps, la pluie cède la place à de véritables trombes d’eau qui augurent mal de notre après-midi.

Le ventre plein, nous repartons en empruntant la route qui mène à Degrad de Cannes, à l’embouchure du fleuve Mahury. Le long de la route, l’habitat est pour le moins contrasté : des maisons créoles, grandes, magnifiques, riches, bordées de parcs parfaitement entretenus alternent avec des taudis de briques, de bidons et de tôles, souvent habitées par des Brésiliens : les drapeaux en témoignent, ainsi que les immenses antennes satellite qui captent la télévision brésilienne. Les chiens qui trainent sont faméliques, les véhicules ressemblent à des épaves, des casseroles, des seaux, toutes sortes d’objets improbables sont empilés devant les façades. Nous peinons à réaliser que nous sommes en France.

A 17h, nous nous élançons, sous une pluie cette fois raisonnable, pour un footing qui facilitera la digestion du kwak (semoule de manioc), de l’acoupa sauce chien, et de la mousse au chocolat ! Il facilitera également le départ vers les bras de Morphée après une sobre grillade.


Lundi 10

Entre conférence et préparation des prochains dossiers, la journée se déroule sans événement majeur. Le soir, nous sommes invités chez notre ancien collègue où nous passerons une excellente soirée, entre caille à la crème, tarte aux framboises et éclats de rires.

Auparavant, au moment de quitter l’hôtel, nous entendons les deux bouteilles que nous avons achetées pour leur offrir se promener dans le coffre de la voiture. Je décide de m’arrêter pour les prendre avec nous dans l’habitacle. Nous n’avions roulé que trente mètres environ et la route étant étroite et non éclairée, je passe la marche arrière pour retourner dans l’entrée de l’hôtel. Deux secondes plus tard la roue arrière droite est dans le fossé. Impossible d’avancer. Une des collègues, vêtue d’une longue robe en tissu africain sort et pousse le véhicule qui sort immédiatement de son trou, sous le regard médusé d’un client qui fumait à la porte de l’établissement. Heureusement, aucun dégât n’est à déplorer sur le véhicule. Les bouteilles furent elles aussi épargnées, pour peu de temps.




Mardi 11

Nous aurions sans doute dû profiter davantage du peu de soleil d’hier : la pluie, dense et continue, est de retour. Lune pluie certes chaude, mais presque aussi désagréable qu’un crachin normand. Le ciel est gris, gris, très gris. Aucun espoir d’éclaircie ne déchire les nuages compacts et robustes. Nous partons travailler.

Nous sommes invités à déjeuner par un des responsables militaires guyanais. Il nous reçoit dans sa magnifique villa où l’on nous sert un repas léger mais très fin. Parfait.

En fin d’après-midi, je récidive et me lance dans mon second footing de la semaine. Les courbatures transforment les premiers décamètres en un véritable calvaire. Optimiste, je me dis qu’une fois chauds les muscles pourront se décontracter. Après deux kilomètres, les mollets, grands couturiers et adducteurs sont toujours aussi douloureux. Je perds mes dernières illusions, mais puisque la moitié du parcours est proche, renoncer serait inutile. Je parviens difficilement à boucler les cinq bornes. Je sens que demain, je vais payer cash !



L’après-midi, nous apprenons l’annulation de la troisième journée « armées » pour cause d’opérations imprévues dans la jungle amazonienne. Nous ne sommes pas conviés. Dommage !

Nous décidons donc d’utiliser au mieux cette journée de repos forcée. Je propose une balade, une excursion, une expédition à Saint-Georges de l’Oyapock. Mon idée est retenue à l’unanimité et nous décidons de partir tôt, pour éviter de rentrer de nuit : en effet, cette route est réputée dangereuse car il arrive, parait-il, que des « coupeurs de route » immobilisent les véhicules et dépouillent leurs occupants.



Mercredi 12

Après un rapide petit déjeuner, nous partons vers 6h45. La circulation est assez dense autour des ronds points qui mènent à Cayenne, mais rien à voir avec les bouchons de Fort de France. Rien à voir surtout car nous prenons la nationale 2 et roulons donc à contresens du trafic, vers le sud.

Après une trentaine de kilomètres, le long d’une forêt impénétrable qui émerge du brouillard en une vision presque montagnarde, presque hivernale, nous faisons une halte près du pont qui surplombe le Comté. Ce fleuve, alimenté par de nombreuses criques, mesure environ 160 km et se jette avec l'Orapu dans le Mahury. Nous sommes subjugués par le magnifique paysage et en particulier un ilet dont les arbres semblent toucher le ciel et dont le reflet rappelle quelques chefs d’œuvre impressionnistes. L’immensité de la forêt amazonienne, les carrières de latérite dont le rouge contraste à merveille avec le vert omniprésent, les discrètes criques qui y serpentent, les fleuves majestueux qui la découpent nous émerveillent. Nous sommes en France ? Nous sommes en France. D’ailleurs, nous ne tardons pas à être arrêtés à un contrôle fixe de gendarmerie : vers le sud, ils vérifient que les voyageurs ne transportent rien qui soit destiné à ravitailler les orpailleurs clandestins, vers le nord, ils vérifient qu’il n’y a pas d’immigré clandestin à bord.

Nous repartons. A part les véhicules de l’Equipement et de la Gendarmerie, nous ne croisons presque personne. Nous effectuons un second arrêt à Régina, après une heure passée à éviter les nids de poule, tandis que la pluie redouble et que le ciel s’obscurcit de façon inquiétante.

Malgré ses huit cents habitants, coincée au cœur de la forêt équatoriale, Régina est la seconde commune de France après Maripasoula. Etonnant non ?



Heureusement, tandis que nous prenons un café dans un restaurant qui semble sortir de nulle part, une timide éclaircie m’offre la possibilité de prendre quelques clichés du fleuve Approuague et de ses rives où les pirogues attendent leurs pécheurs. Le village est quasiment désert.

Il reste quatre vingt kilomètres à parcourir. La route est moins mauvaise mais plus déserte encore qu’au nord de Régina. Seuls quelques énormes engins forestiers confirment une présence humaine dans cette jungle. Les éclaircies, plus nombreuses, nous redonnent espoir.

Nous arrivons enfin à Saint-Georges, village d’environ deux mille habitants, situé à soixante kilomètres de l’embouchure de l’Oyapock. Nous sommes immédiatement repérés et assaillis par les piroguiers qui se battent pour nous offrir leurs services. D’autres proposent de surveiller notre véhicule. Nous discutons quelques minutes avec une douanière qui nous donne quelques informations sur le village et nous prodigue quelques conseils avant de traverser.



Nous lui demandons où il est possible de faire le plein. Elle nous répond, presque logiquement, que si la station a été ravitaillée, si le pompiste ne dors pas et si nous y allons avant midi, nous pourrions faire le plein à quelques dizaines de mètres, entre le cimetière et le fleuve. Ouf, les conditions seront réunies…

Il est déjà plus d’onze heures quand nous embarquons à bord de la pirogue. Nous donnons chacun dix réals au piroguier et nous voilà partis, le long de la rive gauche du fleuve Oyapok. Bientôt, nous coupons à travers les eaux brunes et fonçons droit vers le village dont nous distinguons désormais les habitations et les bateaux de pêche.

La pirogue accoste après environ quinze minutes de navigation, et nous en sortons avec équilibre et prudence. Nous posons le pied au Brésil. Aucun contrôle d’immigration ne nous retarde et nous voilà immédiatement plongés dans un autre monde.

Oiapoke est une ville d’environ vingt mille âmes qui vit du négoce de l’or – les orpailleurs clandestins brésiliens viennent de Guyane y vendre leur « butin » - ainsi que du tourisme en provenance de Guyane : on y trouve d’excellents prix pour l’alcool, le tabac, la viande… et la prostitution.



Les rues ne sont pas goudronnées et, du fait des pluies très abondantes et des très nombreux trous, ne sont que des champs de boue et de flaques rouges que traversent des chiens errants, des enfants manifestement miséreux et quelques brésiliennes parfois toutes de blanc vêtues ! L’une d’entre elles, probablement une star échappée d’une télé-novella, arbore une spectaculaire paire de lunettes de soleil, une robe d’un jaune clinquant et des talons surdimensionnés qui pataugent. Surréaliste !

Le centre ville d’Oiapoke est très animé. De nombreux véhicules crachent leurs inutiles décibels, les gens s’interpellent, il y a de la vie. Les boutiques sont nombreuses et bien achalandées, mais se caractérisent par un désordre étonnant et une diversité surprenante dans les objets qu’elles proposent. De nombreuses échoppes sont colorées d’articles en tout genre, t-shirts, hamacs, tongs, qu’achèteront les touristes français.

Si beaucoup proposent d’acheter de l’or, très peu vendent des bijoux ou des pépites, montées ou brutes, du précieux métal local. Nous nous arrêtons quelques minutes dans l’une d’elles et j’observe avec intérêt, derrière le comptoir, quatre joailliers qui s’affairent sur leurs bijoux.



C’est la sortie des classes : nous croisons de nombreux écoliers, vêtus de leur uniformes verts et arborant de magnifiques sourires. Peu s’arrêterons pour nous demander de l’argent. Nous entrons ensuite dans une « charruscaria », un restaurant spécialisé dans la viande. Elle y est servie, puis pesée et enfin facturée, dix huit réals le kilo, soit environ cinq euros. Nous choisissons un mélange de grillades.

Nous dégustons la kaipirina offerte, puis nous servons au choix en légumes, pâtes, riz, manioc, ignames, tandis que le serveur commence à nous apporter saucisses et autres viandes grillées qu’il découpe devant nous. Excellent ! Les apéritifs étant servis avec de la glace, nous sommes quelque peu inquiets, mais tout se passera bien. Nous terminons le repas avec un café « zigno », soit « petit café » en Portugais, tout à fait délicieux.



Avant de retourner vers l’embarcadère, mes collègues prennent le temps de s’offrir une séance de manucure et de pédicure. Tandis que son épouse et une employée s’occupent de nettoyer, râper et vernir ces dames, le patron coupe les cheveux d’un client. C’est alors qu’une une petite fille d’environ deux ans se présente à la porte, uniquement vêtue de sa couche, et explique fièrement à qui la comprendra que le client dont les cheveux noirs jonchent désormais le carrelage est tout simplement son papa.

Nous choisissons le même piroguier pour le retour. Il est près de quinze heures quand nous reprenons la route, enchantés par cette brève mais intense incursion au Brésil.

Après deux heures de route, toujours aussi fatigante malgré l’absence de pluie toutefois conjuguée à l’absence de soleil, nous prenons à gauche vers Cacao, distant d’environ quatorze kilomètres.

La route, bordée de très nombreux oiseaux de paradis aux fleurs oranges et bleues, est littéralement défoncée. Heureusement, les cinq derniers kilomètres nous offrirons un bitume presque intact. Nous sommes surpris de découvrir, au détour d’un virage, un château de style moyenâgeux, avec tours, créneaux et meurtrières… tout en bois ! Après avoir profité de vues magnifiques sur la forêt, qui s’étend à perte de vue, jusqu’à un horizon vert et gris, nous arrivons au village.



Cacao, qui tient son nom d’une ancienne plantation, est un village habité par un millier de Hmongs qui, fuyant le gouvernement laotien décidé à l’exterminer, s’y sont installés en 1978.

Nous longeons une école et un collège avant d’arriver au marché qui n’est hélas ouvert qu’en fin de semaine, puis au village proprement dit où de magnifiques maisons, parfaitement entretenues et décorées nous plongent dans un climat de paix, de tranquillité, de sérénité.

Nous entrons dans un restaurant pour prendre un rafraîchissement. Je choisis une bière chinoise. Autour de nous, un client échange en Français avec la jeune serveuse. Seul ce détail permet de savoir que nous sommes… en Amérique du Sud !

Nous reprenons la route pour les soixante derniers kilomètres qui nous séparent de Matoury où nous arrivons vers dix neuf heures.



Le soir nous mangeons sur la place des Palmistes à Cayenne, et assistons à un spectacle de flamenco. La danseuse se déplace de table en table parmi les convives au son d’une guitare qui hésite entre le calme et la fougue. Personnellement, à part une danse avec castagnettes et un numéro de virtuosité sans musique pendant lequel les « pointe-talon » sont si rapides qu’on voit à peine bouger les pieds de la danseuse, j’apprécie peu cette démonstration. Les violents claquements de pieds sur le plancher gâchent la beauté de la chorégraphie, le visage fermé de la danseuse semble répondre au machisme du torero. Je ne suis pas concerné par sa colère.



Le débat s’ouvre avec les collègues qui voient de la sensualité là où j’entends de l’agressivité. Dialogue nord-sud courtois mais ferme. Les danseuses celtiques sont souriantes, mais elles gardent les bras le long du corps…

En une journée, nous sommes passés de l’immensité de la forêt équatoriale à la solitude d’un village survivant d’un autre temps, à la magie d’une bourgade coincée le long d’un fleuve du bout du monde, à l’extravagance et à la misère haute en couleurs du nord brésilien, à la quiétude feutrée de l’extrême orient pour terminer sous les coups de talon de la colère andalouse. Fantastique tour du monde !



Jeudi 13

Il est difficile après un tel périple de se replonger dans la réalité du travail ! Surtout quand comme c’est le cas, la journée commence mal : les lieux de notre intervention ont été modifiés en dernière minute et nous n’en avons pas été informés.

Tout cela ne m’empêchera heureusement pas d’honorer mon rendez-vous avec les autorités judiciaires avec qui je mets en place la prochaine conférence et dresse un planning provisoire des futures. Cette rencontre me permettra de découvrir à quel point la situation est préoccupante en Guyane quant à la délinquance, l’immigration clandestine et les infractions connexes, l’orpaillage clandestin, le trafic et la consommation de drogue. J’en ai froid dans le dos !



Le midi, nous nous retrouvons à l’aéroport pour un repas rapide. Seul un bar est ouvert. Nous faisons la queue et découvrons que sur les six variétés de sandwiches proposées, seules une est disponible : la morue. Un policier n’hésite pas à nous passer devant, sans que quiconque ne s’en offusque. Le prestige de l’uniforme ? Nous parvenons enfin, après de longues minutes, à commander. Nous payons le supplément « à consommer sur place » mais quand nous nous avançons, nous constatons que s’il reste quelques sièges ici ou là, aucune table n’est libre. Ma collègue interpelle une employée qui lui répond que nous n’avions qu’à réserver. Ca ne s’invente pas !


Du coup, le soir, le dernier soir, nous décidons de nous venger et nous offrons un gueuleton de cevice et de gambas…


Vendredi 14

Après une journée de travail, somme toute banale, nous sommes en avance et en profitons pour repasser sur les plages de Remire-Montjoly car le soleil est enfin au rendez-vous. Il serait temps ! Les plages sont désertes. Seuls quelques pêcheurs à la ligne donnent quelques signes de vie à ces longues étendues de sable jaune sur lesquelles viennent mourir les vagues rouges, chargées des alluvions des fleuves. Après la plage de Montabo, nous poussons jusqu’à l’embouchure de fleuve Mahury, où un héron, indifférent à notre présence se promène nonchalamment.

Une fois à l’aéroport, nous apprenons que le vol est retardé. Nous patientons. Après l’enregistrement, nous nous dirigeons vers le seul bar de cet aéroport international où l’unique distributeur de billets est en panne depuis plusieurs mois, comme l’an passé !



Une table se libère mais au moment de nous asseoir, nous constatons que les sièges sont reliés entre eux par un câble cadenassé qui nous empêche de prendre place. Sans doute en ce début de soirée était-il trop tôt pour les libérer de leurs chaînes…

C’est l’heure. Tandis que nous rangeons nos affaires après le passage au filtre de sûreté, un homme nous interpelle du haut de l’escalator car il a oublié son bouquet de fleurs. Ma collègue lui fait signe qu’elle le monte, et le passager, probablement très amoureux, la remercie.

Au moment d’embarquer, celui-ci propose finalement son bouquet à une jeune et jolie passagère, qui le refuse. Il insiste, elle le fuit. Il hausse soudain le ton et devant des dizaines de personnes médusées, il jette violemment le bouquet sur le sol !

Le vol se déroulera cependant sans autre incident et nous nous posons en Martinique avec une petite heure de retard et la tête remplie d’inoubliable.



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Dernière mise à jour de cette page le 21/03/2008

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