
UN PETIT TOUR EN DOMINIQUE
2 AU 6 MARS 2006
(voir photos dans les cartes virtuelles – envoyez-les !)
2 mars : RAS pour ce qui concerne la traversée avec « express des îles ». Moins de deux heures d’une mer belle à peu agitée dans le canal de la Martinique, avec juste un paquet de mer pour nous rappeler à l’humilité nécessaire. Quarante minutes environ de taxi ensuite, sur une route défoncée où si les trous sont des nids de poules, les gallinacés dominicais sont énormes. Un pot de bienvenue nous a été servi à l’hôtel – Stonedge – où immédiatement deux noms se télescopent : Indiana Jones et Robinson Crusoé. Tout est en bois, l’intérieur décoré de multiples plantes et lianes, les chambres sont des cabanes avec leur propre toit au premier étage du bâtiment principal. Ces chambres sont pour le moins rudimentaires, avec des douches – froides bien sûr – qui coulent avec parcimonie quand il ne faut pas demander au patron de relancer la pompe…. sachant que le fermier voisin trouve un malin plaisir à couper l’eau !
Mais aussi étonnant que ça puisse paraître, on s’adapte vite à cette absence de confort. Ca va avec le cadre, avec le pays en général : bien que voisin de trente kilomètres environ de la Martinique, l’arrivée dans ce micro état est un dépaysement total. C’est le tiers-monde. Mais les gens y sont très accueillants, très souriants et vous parlent dans un anglais coloré d’un accent parfois difficile ou dans un créole anglicisé qui ne facilite pas la tâche du visiteur.
L’après-midi n’étant pas terminé, Didier – le patron de l’hôtel et guide – nous a conduit chez sa confrère Béatrice « Chez la Doudou » qui a mis sa plage à notre disposition : j’avoue qu’un crépuscule sur la mer des Caraïbes, allongés dans un transat sur une plage pour nous tous seuls (seul un pélican nous tint compagnie quelques instants), augurait d’un excellent séjour, ce qui se confirma. Le soleil ayant fini sa journée, Béatrice nous ramena à Stonedge, non sans faire un détour par le village – Salisbury – pour acheter des clopes et nous payer un coup, ce qui m’a permis de goûter la Kubuli, bière locale peu alcoolisée servie quasi congelée, à la mode dominicaise.
3 mars : Après un solide petit déjeûner, nous sommes partis en compagnie de Didier pour les Milton (ou « syndicate ») Falls sur le chemin desquelles nous avons pu observer des perroquets sisserous (emblême de la Dominique). Sur la route, Didier nous a expliqué la signification des nombreux drapeaux colorés qui flottent ici ou là. Il s’agit des couleurs politiques de chaque quartier ou maison. Les rouges des travaillistes et les bleus des conservateurs sont les plus courants. Il y a aussi les verts et les violets, si je me souviens bien. Nous sommes également passés devant un terrain de cricket (sport national) sponsorisé par la distillerie voisine et devant l’usine Colgate-Palmolive, à Mahaut, le « village où on ne dort jamais ». En effet, les habitants travaillent pour la plupart chez Colgate, sont donc « riches » et passent donc leurs nuits à boire dans les 26 bars qui jalonnent la rue principale ! Puis, nous avons longé l’aéroport de Canefield où seuls les petits avions peuvent atterrir (16 passagers maxi). Les plus gros (vols directs de Miami ou Porto Rico) sont contraints de se poser à Melville Hall Airport, au nord-est de l’île.
Nous sommes ensuite allés manger à Roseau dans un resto très sympa où il est conseillé de commander des petites portions (moitié prix des normales) bien suffisantes. L’après-midi, visite des sources chaudes de la Soufrière : la couleur de l’eau est peu engageante, mais une fois qu’on admet l’idée qu’elle est due au soufre (très bon pour la peau), il devient agréable de s’y plonger, d’autant que sa température doit être d’environ 40° ! A noter que le nom de « sulphur hot springs » bénéficie d’un double sens puisque paraît-il de nombreux couples, souvent illégitimes, aiment à s’y retrouver le soir… De la route sinueuse qui y mène, un magnifique point de vue sur la presqu’île de Scott’s Head s’offre à votre regard. Didier nous a également précisé que les films Pirates des Caraïbes 2 et 3 (avec Johnny Depp) ont été tournés dans cette région, ce qui n’a rien d’étonnant compte tenu de son aspect très sauvage et de son absence de béton.
4 mars : Le matin fut consacré à une visite plus « détaillée » de Roseau et en particulier de son marché à l’ambiance typique. Le long des quais un nouveau paquebot attendait le retour de ses croisiéristes. Chaque jour, un autre navire était à quai, ce qui laisse perplexe quand on connaît les problèmes martiniquais dans ce domaine. Nous avons croisé de nombreux Américains en ville, typiquement américains, typiquement décalés. Nous sommes retournés manger au resto de la veille, mais trop tôt. Nous avons donc dû nous contenter de ce qui était prêt, ce qui nous a permis de goûter un plat traditionnel – morue / ti-nains – tout à fait délicieux. Nous avons ensuite rejoint l’Anchorage Hôtel où nous avions réservé une sortie « whale watching », c’est à dire observation des baleines. A 4 ou 5 km de la côte, la profondeur avoisine les 1000 m et un groupe de cachalots femelles s’y est sédentarisé. Avant le départ, nous avons eu droit à un briefing intéressant sur la morphologie et l’anatomie des cachalots ainsi que sur leur mode de vie de communication et de reproduction. Il m’a fallu traduire pour un groupe de français et j’avoue que pour compenser certains termes techniques ou scientifiques que j’ignore, j’ai utilisé mes connaissances des cétacés et n’ai donc pas toujours traduits avec exactitude. Nous avons eu la chance d’apercevoir les cachalots à trois reprises après des périodes d’attente–suspense pendant lesquelles des hydrophones sont immergés pour repérer les « clics » des mammifères. Dès que les éclaboussures sont visibles à la surface à l’occasion de leur respiration, le bateau fonce littéralement sur place pour les rejoindre. Ainsi, nous avons observé de très près deux cachalots (deux fois) puis deux autres (queues différentes). Vers 17H30, le capitaine décida de rentrer. Sur le chemin du retour, une bande de dauphins nous ont fait cadeau de leur danse, juste devant l’étrave du bateau. Malheureusement, le déclencheur n’étant pas instantané, aucune des photos prises ne les montre. Mais le souvenir est définitivement inscrit dans ma mémoire. Nous avons d’ailleurs également aperçu des dauphins lors du voyage retour, au large du Carbet.
Je conseille vivement cette expédition car la grâce des cachalots qui plongent, vous offrant la majesté de leur immense queue en un amical au revoir, c’est quelque chose d’inoubliable.
5 mars : Nous avons décidé de consacrer ce dimanche à une longue randonnée : vallée de la Désolation et Boiling Lake. Je cite le guide : « 6h de randonnée difficile, voire dangereuse, à préparer la veille avec un guide confirmé. Bonne condition physique recommandée. C’est au dire des marcheurs, la plus intéressante des « hikes » (randos) de l’île, la plus sportive aussi avec l’ascension de deux sommets. Après une marche facile jusqu’à la Breakfast River, on grimpe sur le morne Nicholls, d’où la vue, splendide, porte jusqu’à la Guadeloupe, avant d’arrivée dans la vallée de la Désolation qui doit son nom à une éruption volcanique survenue en 1880. C’est probablement l’endroit le plus sauvage de la Dominique : eaux bouillonnantes, piscines de boue grise et rivières. Après les marmites et les solfatares, on débouche sur le deuxième lac bouillonnant du monde (le plus grand se trouve en Nouvelle-Zélande). Ce lac profond fait 60 m de diamètre, son eau grisâtre est en ébullition sous la pression des gaz qui remontent à la surface. » Au bord du cratère du lac, un rasta (guide d’un groupe) s’est mis à chanter et la résonance de ces chants dans cet endroit unique donnait une ambiance indescriptible ! Sur le chemin du retour, alors que la pluie rendait la marche plus dangereuse et fatigante, nous avons croisé deux américains en sandale à qui nous avons souhaité bonne chance, quelques arbres et fougères géantes et un drôle d’oiseau au long sifflet. Enfin parvenus où presque au van de Didier, nous avons fait une halte aux gorges de Titou et nous sommes baignés dans leurs eaux froides. Pourtant, bizarrement, deux petites cascadent nourrissaient cette piscine naturelle : une froide…. et une chaude !
6 mars : voyage retour avec le souvenir du Boiling Lake dans les douloureux mollets. Dans le bus (taxi collectif) qui nous a amenés à Roseau, nous avons assisté à une scène incroyable : une dame est descendue pour laisser sa place à une autre, se condamnant à attendre le passage du bus suivant ! La traversée du canal de la Martinique (qu’ici on appelle canal de la Dominique) fut très calme et nous sommes arrivés sans encombres à bon port. Nous y retournerons car entre autres, il nous reste à découvrir les Middelham et Victoria Falls, l’Indian River, la plage de Sott’s Head, le Geyser sous-marin, le Boeri lake et à l’est le village des derniers Caraïbes authentiques.
Alors, vous partez quand pour la Dominique ?
3. steph Le 23/09/2006 à 21:18
2. Didier Le 23/09/2006 à 05:40
1. Alice Le 08/07/2006 à 21:53
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