JOURNAL DE BORD - COSTA RICA - NOVEMBRE 2007

SAN-JOSE - COSTA RICA


24 Novembre - 1er Décembre 2007


SAMEDI 24 NOVEMBRE

Une fois n’est pas coutume, mon avion décolle avec vingt minutes d’avance…. Et atterrit avec trente sur l’aéroport Luis Munoz de San Juan à Porto-Rico. Accompagnée de ma collègue, je fonce à l’office du tourisme pour trouver un hôtel. Seules disponibilités, une suite dans un grand hôtel à 260 dollars hors taxes – je renonce – et une chambre à 167 dollars dans le quartier de Condado qu’on m’avait conseillé. Ouf, je prends.



Nous sortons de l’aéroport et nous arrêtons à un guichet orange où un employé nous remplit un « voucher » avec destination et nombre de bagages pour garantir le prix qu’il indique, seize dollars. Un autre nous conduit ensuite le long du trottoir où s’arrêtent les taxis qui arrivent en flot continu. Tout cela est parfaitement organisé et donc rassurant.



Le soir, nous mangeons une super côté de bœuf, accompagnée d’un délicieux Malbec, dans un restaurant argentin. La glace n’est pas terrible, mais le serveur super sympa.

L’hôtel est correct mais vraiment sans plus et compte tenu du prix, je ne suis pas mécontent de ne m’y arrêter qu’une nuit.




DIMANCHE 25

Une nuit, et encore ! A quatre heures, il faut se lever et filer à l’aéroport où nous arrivons vers cinq heures, les yeux presque ouverts.



Les bagages sont passés une première fois aux rayons X avant l’enregistrement, où la très souriante Jaclyn nous remet un coupon de vol sur lequel il est inscrit « SSSS », le niveau de soupçon maximum pour la sûreté aux USA. Au contrôle, je tombe sur une hystérique qui m’engueule parce que je n’ai pas mis mon ordinateur dans une caissette séparée, tandis que celle qui m’avait « sélectionné » pour le contrôle approfondi me rassure en me disant que c’est une malade ! Je suis ensuite palpé de très près par un grand noir costaud – je ne moufte pas - et comme je ne transporte pas de bombe, je suis relâché !



Si les contrôles peuvent se comprendre, le fait d’être éloigné du reste de ses affaires - porte-monnaie, ceinture, téléphone - qu’on dépose dans les fameuses bannettes, à la portée de celui qui voudrait les voler est largement discutable. Enfin…

En attendant l’embarquement, je décide de m’acheter une boisson. Je n’ai pas envie de café et choisis exceptionnellement le gris et rouge de la canette de coca light…. qui se révèle à l’ouverture être une bière « Coors » ! Je m’étrangle, avale cette gorgée à contre cœur et jette cette horreur tandis que ma collègue s’étrangle aussi. De rire.



Le vol est parfait si on excepte le comportement outrageant d’une hôtesse odieuse et hideuse (c’est à ça qu’on reconnaît American Airlines) : une passagère explique que sa correspondance à Miami est très courte et demande à sortir en premier de l’avion. Elle se voit répondre « si vous êtes pressée, vous pouvez sautez ! ». La passagère outrée lui demande alors son nom. Elle lui répond « Pourquoi ? Vous pensez que le fait de connaître mon nom vous aidera à attraper votre avion ? ».

A peine le temps de poser un pied aux USA : notre avion pour San José décolle dans la foulée. Nous passons l’immigration Costaricienne sans souci. En revanche, nous attendons trente bonnes minutes ma valise qui me parvient amputée d’une roue…

La navette nous amène à l’hôtel en quelques minutes. C’est l’heure du déjeuner. Nous découvrons l’apéritif local, le guaro sour. Il s’agit d’un cocktail à base de rhum blanc local « el guaro », allongé de citron et mixé, le tout servi avec des glaçons que j’écarte avec prudence. Puis, je venge ma valise sur un cevice de crevettes et des profiteroles présentées en brochette. Délicieux !

Malheureusement, un orage éclate l’après-midi et le bain réparateur à la piscine est donc annulé. A la place, je repasse mes chemises, chiffonnées par le voyage. Génial !

Je mets mon téléphone en charge avant de redescendre au salon qui borde la piscine. J’y rencontre des collègues en poste à San José (nos hôtes), à La Haye et à La Havane. Nous faisons connaissance, tandis que le temps ne s’améliore pas. Nous sommes à flanc de montagne, il ne fait pas chaud, il fait même presque frais !



Le soir, je réalise en le débranchant que le téléphone était connecté au 110 volts. Plus rien. Aucune réponse à mes essais successifs de mise en route. Je redescends à la réception, demande un transformateur – j’ai aussi l’ordinateur à utiliser – et remonte, penaud, me disant que je vais passer une semaine sans téléphone. Je le rebranche, sur du 220 volts cette fois. Quelques minutes plus tard, je refais une tentative : miracle, il s’allume ! Il n’aura pas souffert finalement. Ouf ! ! !


LUNDI 26

Après un petit déjeuner à l’anglaise – œufs, bacon, fromage, salade de fruits – je pars en taxi vers le centre de San José. Le séminaire ne s’ouvre qu’à quatorze heures, j’ai donc deux heures de libres dans la semaine. Je dois en profiter !

Après vingt cinq minutes, le taxi me dépose en plain cœur de la capitale, qui compte 340 000 habitants (1 600 000 pour l’agglomération) et se situe à une altitude moyenne de 1161 mètres, ce qui explique la fraîcheur relative qui y règne en cette fin d’année.

Le centre n’offre pas grand-chose de spectaculaire à mon appareil photo : une circulation dense, une cathédrale, un parc, deux théâtre de styles différents et quelques rues piétonnes hyper animées dont une conduit à un marché couvert pittoresque et bruyant où se côtoient marchands de souvenirs, fleuristes ou bouchers et, compte tenu de l’hygiène apparente, où je ne me risquerai pas à acheter le moindre steack.

Le buffet du midi est très passable. Ce sera ainsi durant toute la semaine. Je ne suis pas venu ici pour un séjour gastronomique, mais, bon, on est français ou on ne l’est pas !

A quatorze heures, les hymnes costariciens et français résonnent et les discours se suivent. Le symposium est ouvert. J’échange quelques mots en anglais avec le bras droit du Fiscal Général, plus haut magistrat du pays. Cette fois, c’est parti.

A 18h30, après une après-midi déjà dense, nous partons vers la Cour Suprême, où tous les participants sont invités à un cocktail. Nous partons en cortège avec une escorte de quatre motards équipés de gyrophares de fortune. Ils slaloment dangereusement entre les milliers de voitures qui s’entassent sur l’autoroute qui mène au centre de San José. Toutes sirènes hurlantes ils n’hésitent pas à donner des coups de pieds dans les véhicules des chauffeurs récalcitrants ou qui essaient de profiter de la confusion pour se glisser entre nos véhicules. J’ai l’impression d’être important ! Au volant de son énorme 4X4, probablement blindé, notre chauffeur se prend pour Shiva, une main sur le téléphone, une autre sur le volant, une troisième pour poser un gyrophare orange façon DDE sur le toit, une dernière qui fait des appels de phare. Incroyable. Une fois en ville, les passants, s’arrêtent pour assister au passage du cortège, tandis que les motards, sur leur petite moto de cross, n’hésitent pas à emprunter les trottoirs ! Un silence de mort règne dans le véhicule qui contraste avec les hurlements des sirènes.



Le cocktail a lieu dans une salle où trônent les portraits des présidents successifs de la Cour Suprême, tous plus lugubres les uns que les autres. Un chanteur très doué nous propose quelques salsas et meringues entre autres chansons latinos. Certains prétendront que j’ai esquissé quelques pas de danse maladroits avec Bernie et Gabriela. Tout cela reste à prouver !

Les sirènes de notre escorte, après cette excellente soirée, réveillent San José et sa banlieue pour nous ramener à l’hôtel vers vingt trois heures. Je ne me fais pas prier pour dormir.


MARDI 27

C’est le grand jour ! Soyons modeste, c’est juste le jour où ma collègue, l’après-midi, et moi, le matin, présentons nos sujets à l’assistance. Tout se passe bien. Après cette journée bien remplie, nous sommes cette fois attendus à la résidence de l’Ambassadeur. Notre escorte est là, ses sirènes aussi, mais toujours pas de gyrophares dignes de ce nom. Et c’est reparti ! La circulation est un peu plus fluide, le voyage est donc moins spectaculaire. Moins spectaculaire mais plus rapide. Oups !

Au cours de la soirée, j’ai l’occasion d’échanger quelques mots avec la vice-ministre de la sécurité, le Fiscal Général et bien sûr l’Ambassadeur, au demeurant très sympathique. Le repas était excellent, le Bordeaux également, avec modération, bien évidemment.

Cette fois, nos acrobates nous ramènent vers vingt deux heures, mais la fatigue aidant, je sombre immédiatement, comme une masse.


MERCREDI 28

Après une journée de conférence classique mais passionnante, nous sommes ce soir encore invités à une réception. Nous partons cette fois pour un hôtel où l’Institut Costaricien du Tourisme nous reçoit sur fond de musique locale, chantée et jouée à la guitare par un groupe traditionnel et bruyant à la fois. Les larsens sont d’époque.



On m’y remet une charrette miniature en bois, fabriquée à la main. C’est en quelque sorte un emblème du pays. Ses roues sont caractéristiques car elle sont renforcées de métal afin de ne pas s’enfoncer dans la boue (il pleut huit mois par an dans ce pays) et permettent ainsi de transporter sans problème le maïs, la canne à sucre, et un peu pus tard, le café.

Tandis qu’on m’explique tout ça, un collègue trop pressé rate une marche et dans son triple lutz pour se rattraper projette le contenu de son verre qui bien entendu atterrit sur ma veste crème. Je fonce au toilettes avec du sel et une collègue qui s’avèreront aussi utiles l’un que l’autre : la veste sera sauvée, miraculeusement !

Après ce moment somme toute agréable et quelques négociations, le responsable de la sécurité accepte de nous faire conduire au Castro’s Club, où notre arrivée sous escorte fait sensation. Bien évidemment, l’endroit est très bruyant. Pourtant, la salsa aidant, toute emprunte de soleil, de « te quiero » et d’ « amor de mis amores », l’ambiance est plus qu’agréable et nous mène sans coup férir à trois heures du matin. Je m’endors pour quatre courtes heures.



JEUDI 29

Le réveil est plutôt difficile. La journée se déroule normalement jusqu’à quatorze heures, quand j’apprends qu’un violent séisme a frappé la Martinique une heure plus tôt. J’apprendrai plus tard que la terre a tremblé près d’une minute, que l’épicentre se situe à quelques kilomètres de Saint-Pierre, mais heureusement que le foyer est à 145 km de profondeur. Heureusement car la magnitude enregistrée est de 7,3. ce qui est considérable.

Tout cela me plonge dans une réelle inquiétude jusqu’à ce que je parvienne enfin à joindre mes proches au téléphone, qui me donnent des détails, de Fort de France et de Paris via Internet et me rassurent donc. Je reste tout de même sceptique – mais soulagé - compte tenu de la magnitude, mais les témoignages concordent et la faiblesse des dégâts est très vite officielle. Je ne saurai que samedi si j’ai des dégâts chez moi, mais très vite, je retrouve confiance et sérénité. Au pire quelques fissures, au mieux rien du tout.

Dix sept heures trente. C’est l’heure de la cérémonie de clôture en présence de la vice-ministre, de l’Ambassadeur, du Fiscal Général, du Directeur Général de la Police, bref, on prend les mêmes et on recommence.

En revanche le cocktail qui s’en suit est fade, l’ambiance est terne. J’y apprend que les huit membres de l’équipe de protection qui ont assuré la sécurité de l’événement tout au long de la semaine étaient en fait les gardes qu corps d’un des participants, qui comme on dit, a un contrat sur la tête ! Très vite tout le monde quitte les lieux, mais ça n’a aucun rapport.



Une des survivantes propose alors aux volontaires de prolonger la soirée en ville. Nous partons donc quelques minutes plus tard, en convoi mais sans escorte, vers « le Monastère », en français dans le texte, situé sur les hauteurs d’Escazu. Nous y découvrons une large vue sur l’immensité de la ville de San José, avant de nous installer tout d’abord dans un salon très « cosy », sur fond de piano bar, puis à l’étage inférieur où nous attendent deux musiciens qui nous ferons passer un excellent moment de plus.



Là encore, certains prétendront m’avoir vu danser la salsa, avec une charmante costaricienne. Je ne sais pas danser la salsa, et il n’y avait pas de place pour danser…

Cette soirée est un excellent point final à une semaine très chargée, très intense, très intéressante dans un pays de rêve :

Le Costa Rica est un pays qui malgré sa taille modeste possède une flore et une faune exceptionnelle puisque 5% de la biodiversité mondiale s’y trouve, et en particulier plus de mille deux cents espèces de papillons, des tortues de mer, des lézards de toutes sortes, des caïmans, des serpents (dont dix-sept dangereux) de nombreux amphibiens - des tas de grenouilles et crapauds quoi - mais aussi des coyotes - gare aux bips-bips ! - des singes - hurleurs et capucins notamment - et des oiseaux aux mille couleurs comme le toucan.

Dans la cordillère centrale, une multitude de volcans se succèdent dont le Poas, l’Irazu et l’Arenal, actif depuis 1968…

Mais je n’ai rien vu de tout ça !



VENDREDI 30

Je me lève encore une fois très tôt pour attraper la navette de six heures vingt qui m’emmène à l’aéroport Juan Santamaria. L’avion décolle avec une heure trente de retard ce qui risque d’être fatal pour ma correspondance à Miami. Cela reste jouable, nous verrons bien. L’avion effectue un virage à 180° immédiatement après le décollage, ce qui bouleverse ma voisine qui ne me cache pas sa peur. De même, pour l’atterrissage, elle priera San Antonio et me montrera ses mains trempées par l’angoisse. Heureusement pour elle, il n’y aura pas eu trop de turbulences.



Nous parvenons à attraper notre correspondance. Au pied de l’appareil, un contrôle supplémentaire des bagages à mains est effectué et on nous remet un sachet contenant une mini salade de fruit qui se révèlera infecte et un mini cake : American Airlines, la seule compagnie qui sert les repas à l’EXTÉRIEUR de l’avion ! Je bois un café pour faire passer tout cela : tout aussi mauvais. Pendant ce temps là, ma collègue jette son sandwich acheté en zone réservée : le pain a manifestement été plongé dans l’eau !

Arrivés à Porto Rico, nous prenons un taxi dont le chauffeur se révèlera bourré, ou du moins affublé d’un comportement aussi bizarre que son accent. Nous retournons au restaurant argentin où le serveur nous reconnaît. Etrangement, nous ne nous adressons plus à lui en Anglais mais en Espagnol. Du moins, comme on peut !


SAMEDI 1er DECEMBRE

L’avion est à treize heures vingt ce qui nous laisse le temps d’aller faire un tour sur le front de mer. Malheureusement les averses se succèdent, en alternance avec un soleil timide. La mer est très agitée. Dans les rues, des panneaux indiquent que nous sommes dans une zone inondable et dangereuse en cas de marée de forte intensité ou de tsunami.



Nous arrivons très en avance à l’aéroport où ma collègue fait quelques achats dont du parfum, dans un magasin hors taxes. Au moment d’embarquer, nous cherchons désespérément la porte n°1. Une jeune femme du personnel de l’aéroport, nous voyant hésiter, nous propose son aide. « Suivez-moi » nous dit elle avec le sourire. Nous la suivons.

Soudain, nous découvrons horrifiés qu’elle nous a emmené hors de la zone réservée. Nous devrons repasser le contrôle de sécurité ! Il ne nous reste quelques minutes et nous sommes cette fois encore marqués « SSSS ». La queue est immense au poste de contrôle. Je n’hésite pas, j’appelle un agent de sécurité. Je lui explique notre cas en lui disant que nous pouvons prouver notre premier passage avec les tickets de caisses. Je réalise à ce moment que le parfum sera saisi puisque interdit en cabine, sauf s’il est acheté APRES le contrôle. Le type, très gentil, nous demande de patienter et s’en va ! L’heure tourne. Il revient et nous insère dans la file, à quelques mètres des appareils à rayons X. Je demande à nouveau à un passager de nous laisser passer devant lui. Il accepte. Nous ôtons de nouveau, chaussures, ceinture et porte-monnaie et repassons dans la souffleuse à particules. Les sacs sont fouillés, mais miraculeusement le parfum échappe à la vigilance des contrôleurs. C’est bien la peine d’installer des détecteurs de particules ! Nous nous rhabillons à la hâte et courrons vers cette fameuse porte 1 que cette fois nous trouvons du premier coup. C’est loin, bien entendu. Notre vol est déjà embarqué. Je double à nouveau la file du vol suivant et m’adresse à une hôtesse qui nous demande à nouveau de patienter ! Quelques instants plus tard, on nous appelle pour nous emmener vers un bus ! Non, le bus n’est pas pour nous, nous nous contenterons de traverser le tarmac à pied pour enfin pénétrer dans l’ATR72 qui nous ramène, à l’heure et le ventre vide, à Fort de France.

Commentaire (1)

1. maé Le 26/12/2007 à 19:05

simpa l'hotesse!!!! si vous voulez arrivez plus vite vousnn'avez qu'a sauter!!!! eh bien qu'ils la virent et qu'ils m'embauche je serai surement plus aimable qu'elle!!!
bisous
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Dernière mise à jour de cette page le 21/12/2007

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