
Plus qu’à écouter, Jacques BREL est surtout selon moi un chanteur à voir. Ses textes, souvent bouleversants, toujours puissants sont absolument uniques. Mais, encore une fois, le jeu, l’interprétation les poussent au paroxysme de l’émotion. « Amsterdam » et davantage encore « Ces gens-là » en sont deux parfaits exemples. De même quelques textes moins forts, plus humoristiques ou sarcastiques sont largement rehaussés par la scène : « Les bigotes », « Les bourgeois » « Les flamandes ». Ses qualités d’acteurs seront mises à l’honneur dans les films qu’il a tournés, et tout spécialement dans « L’emmerdeur » ou il forme avec Lino Ventura un duo inoubliable.:59:
J’ai une admiration sans bornes pour ce personnage hors du commun, même si je ne partage pas toujours certains de ses propos, quelquefois plus misogynes que les miens ! Ou alors il est au troisième degré quand je ne suis qu’au second.:30:
La biographie ci-dessous précise qu’il a été élu «plus grand Belge de tous les temps ». Faut dire que si la concurrence c’est Johnny, Annie Cordy ou Plastic Bertrand, il n’a pas de mal. Tant mieux si Eddy Merckx ne se met pas à la chanson !

Mes chansons préférées :
· Quand on n'a que l'amour (1956)
· le moribond (1961)
· Madeleine (1962
· Le plat pays (1962
· Les vieux (1963)
· Jef (1964)
· Amsterdam (1964)
· Ces gens-là (1965)
BIOGRAPHIE
Jacques Brel, né le 8 avril 1929 est mort le 9 octobre 1978 à Bobigny. Auteur et chanteur belge francophone (et néerlandophone au début de sa carrière), il était également acteur et réalisateur de films. Peu intéressé par l'école, excepté par les cours de français, il joue des pièces de théâtre en amateur au sein de la Franche Cordée, et son père le fait entrer dans la cartonnerie familiale, travail pour lequel il n'a aucun goût. Il réfléchit très sérieusement à une reconversion, soit dans l'élevage de poule, soit dans la chanson. Il choisit cette dernière.
En 1951, il épouse Thérèse Michielsen, dite « Miche ». Le 6 décembre 1951 naît Chantal puis le 12 juillet 1953 Isabelle pour laquelle Jacques Brel écrivit une chanson éponyme.
À partir de 1952, il compose ses premières chansons qu'il chante dans le cadre familial ou lors de diverses soirées dans des cabarets bruxellois. Il fait déjà preuve de cette puissance lyrique, tant dans les textes que dans son interprétation, qui rebute sa famille qui ne l'encouragea pas du tout à continuer.
Il insiste tout de même et en 1953, il sort un 78 tours. Ensuite, il quitte la capitale belge pour se rendre seul à Paris appelé par Jacques Canetti, découvreur de talents, travaillant chez Philips et propriétaire du cabaret Les trois baudets. Sa famille lui coupe les vivres, sa deuxième fille France naît, alors que pour lui ce sont les années de galère.
Son premier 33 tours sort en 1955. Comme il chante pour des organisations chrétiennes, Georges Brassens le surnomme « l'abbé Brel » (gentiment, puisqu'ils étaient amis).
Petit à petit, il trouve son public, et rencontre le succès lors de ses spectacles.
En 1957, c'est le second 33 tours, qui reçoit le Grand prix de l'Académie Charles Cros.
Et fin 1958, c'est le succès à l'Olympia, en première partie, il est tête d'affiche à Bobino, fin 1959. À partir de là, les tournées s'enchaînent à un rythme infernal, faisant parfois plus de concerts qu'il n'y a de jours par année.
En 1966, il décide d'abandonner la chanson. Le 16 mai 1967, il donne son dernier récital à Roubaix.
Mais il ne reste pas inactif pour autant, durant l'été 1967, il tourne le film d'André Cayatte, Les Risques du métier. Et il commence à voyager en voilier.
En 1969 il interprète le rôle de Mon oncle Benjamin aux côtes de Claude Jade dans le film d'Édouard Molinaro.
Il va tourner ensuite dans un certain nombre de films, en réalisant un lui-même en 1971, Franz (Barbara écrivit une partie de la musique), puis un deuxième qui sort en 1973, Far West, qui fut un échec.
Il rencontre également le succès aux États-Unis d'Amérique et au Royaume-Uni. Des traductions en anglais de ses chansons sont populaires et sont enregistrées entre autres par David Bowie (Amsterdam). Jacques Brel is Alive and Well and Living in Paris est une comédie musicale américaine qui est jouée autour du monde pendant plusieurs années. Elle comprend des traductions rimantes définitives, assemblées par un ami de Jacques Brel, Mort Shuman en 1968. En 1974, le spectacle est adapté au cinéma.
En 1974, il lâche tout et part en voilier avec Madly Bamy qu'il a rencontrée sur le tournage de L'Aventure c'est l'aventure de Claude Lelouch. Mais il est déjà malade et est opéré d'un cancer au poumon. Il décide de se retirer aux Marquises. Pilote privé et propriétaire d'un bi-moteur, il y fait avion-taxi pour dépanner les habitants.
En 1977, il revient à Paris pour enregistrer son dernier album, probablement l'un des plus bouleversants, dans les difficiles conditions qu'on imagine. La chanson Les Marquises qui clôt l'album s'achève sur ces paroles "Veux-tu que je te dise / Gémir n'est pas de mise / Aux Marquises". Îles Marquises qu'il rejoint après l'enregistrement, avant qu'en juillet 1978 son cas ne s'aggrave. Il est rapatrié en métropole ; il y meurt en octobre.
Jacques Brel est enterré au cimetière d'Atuona à Hiva Oa dans l'archipel des îles Marquises à côté de Paul Gauguin.
En décembre 2005, il est élu au rang de plus grand Belge de tous les temps par le public de la RTBF.
Quelques citations ou extraits de ses textes, à lire jusqu'au bout, en plusieurs fois s'il le faut!
Je suis mort à Paris, tombé au champ d'amour pour un prénom de fille qui m'avait dit toujours...
Et tu m'auras perdu rien qu'en me voulant trop, tu m'auras gaspillé à te vouloir bâtir un bonheur éternel ennuyeux à périr au lieu de te pencher vers moi tout simplement, moi qui avais besoin si fort de ton printemps...
Non les filles que l'on aime ne comprendront jamais qu'elles sont à chaque fois, notre dernier muguet, notre dernière chance, notre dernier sursaut, notre dernier départ, notre dernier bateau...
Et puis si j'étais l'Bon Dieu, je crois que je ne serais pas fier, je sais on fait ce qu'on peut, mais il y a la manière...
Et puis les adultes sont tellement cons qu'ils nous feront bien une guerre...
Pour un peu de tendresse, je donnerais les diamants que le diable caresse dans mes coffres d'argent...
Mais qu'y a-t-il derrière la porte et qui m'attend déjà ? Ange ou démon qu'importe, au devant de la porte il y a toi...
Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux, même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux...Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps, ils se tiennent par la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer...
Moi je t'offrirai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas, je creuserai la terre jusqu'après ma mort pour couvrir ton corps d'or et de lumière, je ferai un domaine où l'amour sera roi où l'amour sera loi, où tu seras reine, ne me quitte pas...
Les hommes sont malheureux parce qu’ils ne réalisent pas les rêves qu’ils ont
Il faudrait arriver à n'avoir que des tentations relativement nobles. Et à ce moment-là, il est urgent d'y succomber. Même si c'est dangereux. Même si c'est impossible. Surtout si c'est impossible
Ce qu'il y a de difficile, pour un homme qui habiterait Vilvoorde et qui voudrait aller à Hong-Kong, ça n'est pas d'aller à Hong-Kong, c'est de quitter Vilvoorde
L'humour est la forme la plus saine de la lucidité.
Il nous fallut bien du talent
Pour être vieux sans être adultes
Mais n'est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants
On n'oublie rien de rien, on s'habitue, c'est tout.
Quand un homme n'a pas peur de coucher avec une femme, c'est qu'il ne l'aime pas.
Il y a deux sortes de temps : y a le temps qui attend et le temps qui espère.
Heureux les amants que nous sommes
Et qui demain, loin l'un de l'autre
S'aimeront par dessus les hommes
Heureux les amants séparés
Et qui ne savent pas encore
Qu'ils vont demain se retrouver
