JOURNAL DE BORD - BERMUDES - MAI 2007
BERMUDES
Du 12 au 19 mai 2007
UNE SEMAINE DANS LE VENT !
Samedi 12 mai 2007
Le voyage débute par un vol désormais classique entre Fort de France et Pointe à Pitre. Sauf que cette fois le pilote, si toutefois il est pilote, nous gratifie d’une arrivée grandiose dans l’île sœur : une descente en escalier, avec des à-coups plus ou moins importants, un balancement plutôt inquiétant au moment de toucher la piste et finalement un atterrissage sur une roue, puis, deux longues secondes plus tard, sur l’autre ! La deuxième partie de la première partie, entre Pointe-à-Pitre et Santo Domingo, est moins stressante, même si les tergiversations juste avant de se poser face à la mer sur Las Americas sont décidément une manie ! Mais tout se passe bien.

L’après-midi, je vais me balader dans la vieille ville, toujours aussi animée de cireurs et de joueurs, de bonne humeur et de nonchalance puis je m’arrête longuement sur une terrasse, et sirote une boisson fraîche face à la maison de Colomb. Le soir, avec les collègues, attablés à une terrasse jouxtant le musée de l’ambre sur la place principale, nous mangeons des spécialités locales avec des noms en « os » et quelques crevettes délicieusement cuisinées.
Une escale reposante, même si une déchirure de 15 cm le long d’une couture de la valise et une panne de clim dans la chambre se sont donnés beaucoup de mal pour la gâcher, mais les femmes sont tellement jolies et souriantes en république dominicaine, qu’il en faudrait bien davantage pour ternir ce passage éclair baigné de salsa et de douceur de vivre.

Dimanche 13
Un peu de couture vite fait pour consolider la valise et nous voilà repartis vers l’aéroport pour la première partie de la deuxième partie du voyage : Santo Domingo – Miami. Un vol superbe avec un survol impressionnant du « désert montagneux» Haïtien et surtout de l’archipel des Bahamas : la mer turquoise est juste couverte de petits nuages géométriquement alignés qui projettent leur ombre en autant de petites tâches bleu marine. Un turquoise qui contraste avec les étonnantes couleurs sable, beige et brune de cette multitude d’ilots qui parsèment une mer absolument magnifique. Un peu plus tard, nous survolons Miami Beach, puis les îles artificielles, et la ville de Miami avec ses immeubles puis ses quartiers de ruelles perpendiculaires, bordées de maisons qui semblent le plus souvent en piteux état.

Après trois heures d’attente, nous embarquons enfin pour le vol final à destination des Bermudes. Malheureusement le ciel est couvert et la nuit tombante à notre arrivée. Nous sommes accueillis par Stephen, un collègue bermudien, vêtu d’une veste, d’une chemise blanche, d’une cravate rose et bleue assortie au magnifique short rose bonbon – Bermuda donc ! ! ! ! Malheureusement, il est interdit de prendre des photos à l’aéroport. Nous arrivons enfin à l’hôtel après une demi-heure de bus.
Les Bermudes : un territoire britannique d’outre-mer dont la capitale est Hamilton et qui se situe à environ 1200 km à l’est de la Caroline du Nord, en plein Atlantique, d’où le vent qui souffle en permanence. Cet archipel, découvert en 1503 par l’espagnol Bermudez, d’où son nom, compte environ 360 îles coralliennes dont sept principales, reliées par des ponts. Il est peuplé d’environ 65 mille habitants dont le PIB moyen est deux fois plus élevé qu’en France.

Une des caractéristiques des Bermudes : les moongates, sortes d’arche de pierre sous lesquelles les couples passent en prononçant des vœux pour que leur amour soit éternel. Il y en avait dans les jardins de l’hôtel. Je suis bien passé et repassé dessous, mais j’étais seul…:11:
lundi 14 mai
Cette journée est consacrée à la préparation de la conférence, ce qui doit me laisser un peu de temps pour visiter Hamilton. Malheureusement, la journée est marquée par une météo désobligeante : tempête et pluie le matin - les dernières bourrasques d’Andréa, première tempête tropicale de l’année - qui se calmeront à peine l’après-midi. Je parviens quand même à faire quelques achats dans les nombreuses boutiques installées au bas de l’hôtel. Le soir, avec des collègues canadiens, anglais et américains, nous dînons dans un restaurant français, ou du mois prétendu français avec « la menu » et un plat accompagné de « chaux ». Vive ????

Mardi 15 mai
Ouverture officielle de la session plénière par Madame la « Deputy Premier », c'est-à-dire Premier ministre par intérim et accessoirement Ministre des Finances. La conférence est ensuite bénie avant que retentisse un « God Save The Queen » toujours très émouvant, sonné par les trompettes des gardes en grand uniforme. Enfin, nous regardons un court spectacle de danseurs Bermudiens, les Gombeys, vêtus de mille couleurs et armés de haches et d’arc en bois, qui nous présentent leur danse guerrière d’origine africaine, traditionnellement exécutée le jour du « Boxing day » - 26 décembre – danse rythmée par deux tambours et les sifflets du leader de la troupe.

Enfin, les débats sont ouverts, parfois longs, mais sans aucun doute très utiles… J’ai la chance de déjeuner avec le secrétaire général d’une organisation internationale. Quant au soir… cocktail et dîner de gala à nouveau en présence du Premier Ministre dont nous sommes les invités. Heureusement, après le repas, au bar, nous retrouvons autour d’une bière dans une ambiance tout à fait décontractée. Un collègue néo-zélandais basé à Fidji et toujours nos amis anglais et canadiens sont des nôtres.

Mercredi 16 mai
La conférence se poursuit avec des ateliers de travail. Dehors le soleil brille. Les organisateurs ont la bonne idée d’installer les tables en terrasse pour le repas. Nous reprenons repus les travaux. Le soir, comme chaque mercredi de la saison, les rues sont fermées à la circulation dans Hamilton, et de nombreux créateurs présentent leurs œuvres, d’un goût parfois discutable. Nous terminons dans un bar où un groupe au son typiquement anglais sévit sur une scène microscopique. Nous y sommes accueillis par une française très étonnés de rencontrer des français non touristes.

Jeudi 17 mai
Encore une journée très fructueuse pour mes petites affaires. Le soir, un bateau nous attend pour une sortie dans la baie d’Hamilton. Les paysages sont jolis, sans plus, et le vent à nouveau violent n’encourage guère à rester sur le pont. Le soir tombe. Nous mangeons à bord. En apéritif, je déguste un « black and stormy », apéritif local composé de rhum noir des Bermudes (400 ans d’expérience !) augmenté de Ginger Beer, un soda au gingembre. Bientôt la vedette est de retour à quai…

Vendredi 18 mai
L’emploi du temps permet une vraie détente. Nous en profitons pour faire une escapade à pied vers l’ouest d’Hamilton. Nous découvrons une suite ininterrompue de somptueuses maisons, toutes peintes de couleurs différentes, mais qui respectent une harmonie d’ensemble. Les jardins sont tous parfaitement entretenus. Pas un brin d’herbe ne dépasse. Nous arrivons ensuite à l’Admiralty House Park qui s’ouvre sur un océan d’un bleu magnifique et, au fond d’une crique, sur une petite plage, déserte, aux eaux turquoise translucides. Plus loin, après avoir discuté quelques minutes avec une résidente qui nous explique qu’elle remplit sa piscine d’eau de mer pour éloigner les moustiques, nous arrivons à un second parc, le Spanish Point Park, qui s’ouvre d’avantage vers l’ouest et qui nous offre des horizons d’un bleu toujours aussi magique.

Plus tard, nous prenons le bus en direction de Saint-George’s. La traversée de l’île, environ 20 km, conduite à gauche, nous permet de constater que les mêmes jardins et maisons admirés plus tôt occupent en fait l’intégralité de l’archipel. Nous longeons un golf absolument splendide, avec greens impeccables et bunkers redoutables, tandis que le bus - rose bonbon !- en raison de l’absence de trottoir et de l’étroitesse des routes fait également office de taille-haie. Les abris-bus sont en pierre, de mini monuments en quelques sortes ou constitués de deux mini bancs qui se font face, ou encore tout simplement matérialisés par un poteau rose (qui n’a rien à voir avec le pot aux roses !). Nous croisons une élève, bien évidemment vêtue de son uniforme, qui tient à la main un PC, probablement dernier cri.

Contrairement à nos attentes, Saint-George’s ne mérite guère le détour. Il s’agit d’une bourgade de type piège à touristes, qui manifestement ne vit que des passagers des paquebots, car là aussi, amarré le long du port, un navire attend impatiemment le retour de ses ouailles croisiéristes. Une église inachevée mérite toutefois d’être vue : Entamée à partir de1874, la construction fut interrompue faute de crédits. Puis, alors qu’elle était enfin presque achevée, en 1926, l’église fut fortement endommagée par un ouragan. Depuis, elle est restée en l’état et est devenue monument historique. Le retour est énergique : la conductrice semble très pressée ! Elle s’arrête toutefois pour laisser traverser, sous le regard amusé des passagers et automobilistes, une colonie de canards en goguette.

Bref, les Bermudes, c’est un peu come une habitation martiniquaise, sauf que c’est partout ainsi !
Samedi 19 mai
Le premier défi est de parvenir à se lever à 4H30 pour ne pas manquer le bus pour l’aéroport. Le second ? Réussir un transit à Miami avec 45 mn entre les deux avions. Sans problème ! En revanche, ce qui n’est pas prévu, c’est que deux des trois valises ne parviennent jusqu’à Saint-Domingue ! Nous avons une heure trente avant le départ vers Pointe à Pitre. Une heure s’est déjà écoulée quand nous remplissons les formulaires de réclamation au service bagages d’American Airlines. Heureusement, notre troisième compère, pendant ce temps, a pu enregistrer et demander de retarder la clôture du vol. Nous arrivons au guichet essoufflés par une traversée au sprint de l’aéroport dominicain. Ouf, juste à temps. Nouvelle surprise, je ne suis pas repris sur le vol ! Vérification faite – 10 minutes – mon billet était enregistré comme physique au lieu d’électronique… Nous partons, sans les valises… American nous les a promises pour le lendemain dimanche, à 14H30 à Fort de France.:46:
Dimanche 20 mai
14h30 précises, à l’aéroport. Le vol est en provenance de San Juan, Porto Rico…. et est en retard de trente minutes. 15h10 : enfin, le tapis à bagage se met en branle. Nouvelle attente angoissée : dans quel état sera la valise ? Le temps passe, la dernière valise est emportée. Rien. Nouvelles démarches auprès de la représentante de la compagnie. Elle envoie des messages de recherche. Elle m’appellera, demain.:46:
Lundi 21 mai
Le téléphone sonne vers 18H : la valise est à Porto Rico. Elle arrivera en principe sur le vol du lendemain, à 14H30. L’employée m’appellera pour confirmer. Deux nuits à Saint-Domingue, une autre à Porto Rico, deux des aéroports les plus réputés pour le pillage des bagages, autant dire que je ne suis pas très optimiste.:54:
Mardi 22 mai
Cette fois j’attends son appel. 14H30. 14H45. 15H20. 15H30 : Ca y est la valise est là. Je file à l’aéroport et je la récupère intacte. Incroyable !:51:
Je ne peux conclure ce journal de bord sans vous parler de la touche française du séjour : dans le taxi, à Santo Domingo, la radio diffusait « La Bohême » d’Aznavour. Deux jours plus tard, au restaurant, à Hamilton, la radio diffusait aussi « La Bohême »… Etait-ce un signe quant au côté pour le moins épique de mon retour ?

Les Bermudes ? SO BRITISH ! (et c’est un compliment !)
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Dernière mise à jour de cette page le 30/05/2007