
UNE SEMAINE CHEZ LES BARBUS
DU 26 JUIN AU 2 JUILLET 2006
Les barbus ? Los Barbados, tout simplement, vraisemblablement parce que ses hommes considéraient que la peau rugueuse des figues trouvées dans les arbres ressemblait à une barbe d'homme. La Barbade est une petite île de la Caraïbe (34 X 22 km) située à environ deux cents kilomètres de la Martinique, plus précisément à 179 km au sud-est de Sainte-Lucie et 4547 km du Sénégal si vous nagez plein est. Hors de l’arc caribéen (sa côte sous le vent n’est donc pas bordée par la mer des Caraïbes mais par l’océan atlantique), la Barbade est une île corallienne contrairement à ses cousines volcaniques. Elle présente un relief relativement plat et il y fait très chaud : on sent la différence en arrivant de Fort de France ! On y parle l’Anglais et le dialecte Bajan, étant précisé qu’on ignore souvent ce qu’on entend tant l’accent est prononcé.
Lundi 26 : Après une longue attente à l’enregistrement due à une panne d’ordinateur et la présence dans l’avion d’un passager en trop, nous ne prenons finalement pas trop de retard est atterrissons dans un aéroport ultra-moderne, ou plus précisément sur une de ses pistes. Nous mettons ensuite en contact téléphonique notre hôte et le chauffeur de taxi qui manifestement ont du mal à se comprendre ! Finalement, une fois arrivés dans la bonne rue, ils doivent se rappeler pour pinailler sur le numéro de la maison…. L’après-midi est consacré à une découverte de Rocley avant de déguster ( ?) une pizza que nous croyons abordable jusqu’à ce que nous comprenions que les ingrédients à ajouter coûtent chacun 4 dollars barbadiens, soit 2 US. Enfin, nous nous consolons en admirant l’incroyable beauté de cette plage de sable blanc bordée par une eau turquoise rendue vivante par de bruyants, infatigables et attirants rouleaux.
Mardi 27 : Un breakfast digne de ce nom pour commencer la journée avant d’aller bosser. C’est pas le tout de plonger dans le paradis, faut gagner sa pitance ! Les locaux des collègues britanniques sont situés à la British High Commission (une sorte d’ambassade) où il faut montrer patte blanche et même déposer son portable avant d’entrer. Toutefois, si j’avais été armé… aucune question ne m’est posée à ce sujet ! Nous respectons l’ordre du jour de la réunion avant d’aller manger en ville, face à la marina : j’y découvre la bière locale (Banks) et les « sandwiches », en fait un hamburger frites, mais bon, correct. Un pneu crevé nous attend sous l’aile avant droite, tandis que je lui donne écho par une fatigue probablement due à un cocktail barbadien de chaleur mélée d’une matinée 100% en anglais avec préparation d’un protocole d’accord. Repos l’après-midi avec un petit tour au super marché… et – enfin - une baignade dans des rouleaux qui donnent une idée de ce que ressent le linge pendant l’essorage. Le soir ? Une salade dans une sorte de pizzeria où le nombre de télé oscille entre quinze et vingt, toutes branchées sur des programmes sportifs différents, donc évidemment du cricket.
Mercredi 28 : Une averse me réveille vers 7h. Mais tout va bien. C’est le jour de la « croisière » en catamaran. Trois étapes : les tortues, l’épave, la plage. Nous montons plein nord le long de la côte ouest et nous arrêtons face à une plage. Nous nous équipons de masques et de tubas et plouf nous voici dans cette eau translucide et calme. Nous rejoignons un bajan qui nourrit cinq tortues géantes. Nous nageons avec elles, les nourrissons (pour info, ça pince assez fort, mais j’avais qu’à enlever mes doigts !). Bien évidemment, je joue à descendre les surprendre par revers et les attrape brièvement par la carapace. Brièvement car elle glisse beaucoup et les tortues se sentant saisies plongent et vous entraînent vers le bas. Mais ces quelques instants où l’on se laisse traîner par ces géantes préhistoriques sont d’une rare intensité et l’émotion est grande. Les réjouissances durent environ 45 minutes. Nous regagnons le bord pour rejoindre le site de l’épave, qui en soi ne présente aucun intérêt particulier. Sauf qu’autour se promènent des milliers de poissons plus multicolores les uns que les autres ! Nous traversons les bancs, en rejoignons un autre qui s’agite en une parfaite synchronisation, le banc étant le corps, chaque poisson une cellule de celui-ci. Incroyable ! Là encore, je ne vois pas passer les 45 minutes. La troisième étape est consacrée à un repas de salades originales qui accompagnent poisson et poulet, le tout servi avec du vin blanc. Je bois donc de l’eau !!! Consacrée aussi à une baignade libre autour du catamaran : là encore, je débusque de drôles de bestioles dont un crabe d’environ 20 cm, que l’alliance transatlantique d’un américain et d’un français ne parvient pas à vaincre puisqu’il parvient à nous échapper. Hélas, il faut rentrer. Malheureusement, la tempête se lève et nous avons le vent de face. Il faut tirer des bords. Malheureusement ? Non !!! Nous filons plein ouest tandis que les vagues se creusent de plus en plus. Nous sommes agrippés au filet et un marin vient récupérer mon appareil photo, me prévenant que nous allons recevoir de la mer. Je ne suis pas sceptique longtemps ! Les vagues ne tardent pas à claquer leur violence tandis que deux américaines, blanches ou plus exactement livides, regagnent l’intérieur. La mer se fâche un peu plus encore. Les vagues atteignent les 3 mètres – au moins, plutôt 4 ! Nous sommes littéralement recouverts par les vagues qui suivent celles que nous chevauchons. Fantastique ! Le bateau tire deux bords de folie avant de regagner le port. Une heure absolument inoubliable. Seule, dans un autre genre, la course aux cachalots en Dominique m’a autant impressionné.
Jeudi 29 : Levé tôt, je m’accorde une paisible promenade à la plage avant de me jeter sur mon breakfast. Nous partons ensuite pour la capitale, Bridgetown, en bus. Cette ville est moderne, animée, haute en couleur et si elle ne peut se vanter de présenter des monuments remarquables (sauf peut-être les maisons du Parlement et le pont) c’est une ville qui mérite le détour, pour l’ambiance qui y règne et la gentillesse des habitants. Mieux que vous renseigner, ils vous accompagnent là où vous désirez aller ! Une journée reposante qui se termine sur une fausse note : la pêche du jour est au menu. Marlin, poisson volant et… dauphin. Je fais fi de mes convictions et choisit de ne pas manger de poisson. Erreur. Je suis puni : le dauphin est une viande quelconque, sans véritable saveur.
Vendredi 30 : Le bus nous emmène cette fois sur la côte sud-est, aux Silver Sands. Au milieu de nulle part, les sables y sont véritablement argentés, et la mer persiste à se parer d’écume et de turquoise. Nous revenons en longeant successivement trois plages rivalisant de sauvage et de magique, d’aventure et de mystère, de folie et de paradis. Un bus nous rapproche de Dover Beach où nous faisons halte sur transat et sous parasol, sur la mer et sous les rouleaux. Nous rentrons à pied via Saint-Lawrence Gap. Nous attendons ensuite le « taxi » de la Plantation : comme pour la croisière, le sens du tourisme pousse les organisateurs à prendre et déposer les clients à leur hôtel. Certes le prix en tient compte, mais on évite le souci de trouver, le risque de se tromper de bus etc.… Et c’est parti pour le Bajan Roots and Rythms : un repas-spectacle réglé au cordeau. Tout y est parfaitement organisé. Le spectacle est d’une grande qualité. Les ballets se succèdent à un rythme effréné, les Steel Bands sont d’une réelle virtuosité, jouent de tout (« Comme d’habitude », « Jamming » etc…) et surtout le son est supportable ! Le spectacle se termine par un concours de limbo : le but est de passer sous une barre qui se rapporche du sol à chaque passage. Excellente soirée, arrosée de pina colada et de rhum punch à volonté. Et je ne conduis pas ! Je reste cependant raisonnable…
Samedi 1er juillet : Levé à 6H30 pour être à l’heure quand le taxi d’Island Safari nous prend à l’hôtel. Il s’agit cette fois de passer la journée en 4X4, pour découvrir l’île et ses trésors cachés. Nous remontons par le centre, avant de rejoindre la côte est à Bathsheba le paradis des surfeurs. L’Atlantique s’y déchaîne plus que jamais. Puis nous remontons vers le nord et longeons Barclay’s Park puis Little bay. Là, c’est l’apothéose. Je ne sais plus où donner de l’appareil photo. C’est grandiose, de puissance et de féerie, de colère et de bruit. Tout le monde se tait et admire. Rien à ajouter. Y être, en prendre plein les yeux, se sentir tout petit, respirer à pleins poumons, et hélas, repartir. Au cours de ce mémorable périple, nous avons cueilli la « fierté de la Barbade », une fleur magnifique, avons vu autant d’églises que de bars puisqu’ils vont systématiquement de pair, avons traversé la forêt tropicale, avons noté le contraste entre les quartiers pauvres et les villas, avant de rentrer par la côte ouest, où se succèdent hôtels de luxe, marinas et golf: Port Saint-Charles, Mullins Bay, Folkestone, le golf de Sandy Lane. L’autoroute ABC (de l’initiale des noms des ministres à son origine) nous ramène à l’hôtel. Le soir, pour nous remettre de nos émotions, nous dînons au Café Sol, à Saint-Lawrence Gap dans une ambiance de salsa toutefois un peu trop bruyante. Mais quelle journée encore !
Dimanche 2 : Nous décidons de nous reposer. Quelques pas à Rockney. Soudain, un singe traverse la route, d’une villa à l’autre ! Je n’en crois pas mes yeux ! Nous rejoignons la plage pour une dernière visite à la déesse turquoise. Je la quitte avec regret et lui promets de revenir la voir et m’y plonger dès que possible.
Lundi 3 : retour sans encombres à 9h et reprise immédiate du boulot !
Outre le plat national – flying fish – que retenir de la Barbade ? Un sens de l’accueil incomparable : réseau de bus simple, bus nombreux et bon marché – prestations incluant le transport – sourire quasi généralisé – panneaux d’accès aux plages – magasins ouverts 7j/7 etc.…. Une île merveilleuse. Un océan vivant et vivifiant.
Toutefois, j’en retiens aussi la trilogie utilisée par mon collègue John pour lui tirer le portrait : la Barbade ? Chaude, plate et chère. N’empêche que si le paradis existe, il se pourrait bien qu’il soit dans une île de 425 km2 perdue au beau milieu de l’atlantique !
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