JOURNAL DE BORD ARGENTINE - MARS 2009

RETOUR AU PAYS DU TANGO

Buenos- Aires, du 19 au 29 mars 2009

 

 

 

 

Jeudi 19 mars

Départ avancé. En effet, suite à l’annulation d’un vol Air France, le seul moyen d’arriver à temps en Argentine, est de prendre ce jeudi un vol Air Caraïbes à 14h 15 pour Santo Domingo où nous ferons étape avant de repartir le lendemain pour Panama puis Buenos Aires. Le problème, c’est que ce vol fait escale à Pointe à Pitre et à Port au Prince avant de se poser en République Dominicaine. Nous arrivons donc en Guadeloupe vers 15h00. Mais personne ne nous attend à la passerelle et nous réussissons par nos propres moyens – et la clef de la porte d’accès d’un employé de l’aéroport – à rejoindre la salle d’embarquement. En transit, nous ne devions en effet pas passer par l’immigration. Oh la, qu’avions nous fait ! L’hôtesse nous trouve enfin et nous nous faisons enguirlander car sœur sourire nous attendait ! Où ? Mystère. Pas à son poste en tout cas. Avec les autres passagers en transit, nous avons dû quitter la salle et refaire le parcours théorique, pour respecter la procédure. Nous avons donc fait une petite promenade dans l’aéroport avant de nous retrouver… au même endroit, en règle cette fois. Celle-là, on ne nous l’avait pas encore faite ! Pendant l’escale à Port au Prince (avant donc de revenir sur nos « pas » vers l’est), nous restons à bord. Pendant que les pleins de carburants sont effectués, les hôtesses demandent de couper les téléphones et de ne pas utiliser les toilettes, le bouton de la chasse étant électrique. Bien évident, c’est ce moment que choisissent plusieurs passagers pour avoir une envie pressante. Nous assistons donc à une scène cocasse : plusieurs hommes qui s’impatientent devant les toilettes et insistent auprès des hôtesses. L’une d’elles a alors une répartie d’anthologie : « Monsieur, vous n’allez tout de même pas tous nous faire brûler pour un petit pipi ? ». Partis à 14H15, c’est seulement à 20h00 que nous sommes accueillis par un collègue de l’Ambassade qui nous invite à diner chez lui. Nous sommes de retour à l’hôtel vers 1H, mais pour une fois, nous pourrons faire la grasse matinée.

 

 

Vendredi 20

Nous prenons le petit déjeuner vers 9h00 avant d’aller nous balader en ville, dans la partie coloniale de Santo Domingo, toujours aussi agréable. Les filles en profitent pour se faire manucurer et vernir les ongles – no comment - et pour acheter des chaussures. En les attendant, je discute avec un Hollandais de Sint Maarten qui lui attend sa petite amie, une très jeune et très jolie dominicaine… Très vite il est l’heure de déjeuner. Nous nous rendons à la Taverne Basque, tenue par un français, où nous mangeons une dorade à l’indienne, très copieuse mais un peu trop salée. Nous prenons ensuite un taxi pour l’aéroport d’où nous partons à 16h35 pour Panama où nous attendons trois longues heures avant de décoller vers notre destination finale. J’apprends à notre arrivée que le type qui était assis à côté de moi dans l’avion, de l’autre côté de l’allée, est une vedette : David Guetta, qui ne voyage donc pas en première classe. Jamais entendu parler, toute mon éducation est à refaire !

 

 

Samedi 21

Nous arrivons à 6h du matin à l’aéroport d’Ezeiza, après une nuit sans sommeil dans l’avion. Nous y sommes accueillis par un collègue argentin qui nous dépose à l’hôtel Impala. Nous y découvrons avec stupeur que nos réservations n’ont été enregistrées qu’à partir de demain. Le réceptionniste nous offre un petit déjeuner en attendant le responsable des réservations qui n’arrivera qu’à 11H. Nous décidons donc de partir en balade et nous retrouvons la Plaza San Martin, Puerto Madero avec ses grues rouges et jaunes et les voiliers écoles de la Marine Argentine, puis Florida, la rue piétonne la plus animée de la capitale. J’y suis alpagué par une charmante jeune femme en mini-jupe qui insiste pour me montrer son établissement. Je la suis par curiosité, absolument pas dupe. Quelques mètres plus loin, nous entrons dans un bar aux lumières tamisées où trois autres hôtesses, tout aussi court vêtues, m’invitent à m’asseoir et me tendent la carte. « C’est gratuit ! » prétendent-elles. Je fuis, poliment mais d’un pas déterminé. De retour à l’Impala, nous sommes invités à rejoindre un autre hôtel tenu par les mêmes patrons. Nous nous rendons donc en taxi à l’hôtel Embajador, un peu plus cher. Mais constatant le confort pour le moins spartiate de l’endroit, nous en déduisons qu’il vaut mieux annuler notre réservation pour la semaine à l’Impala. Notre collègue français, qui nous a rejoints entre temps, s’en occupe immédiatement. Il nous convie ensuite chez lui pour déjeuner et nous y passons une bonne partie de l’après-midi. Je reste ensuite à l’hôtel pendant que les filles retournent faire du shopping, puis nous nous retrouvons en soirée pour manger une pizza à Recolletta, le quartier chic de Buenos Aires.

 

 

Dimanche 22

Nous montons dans un taxi vers 10h pour rejoindre notre troisième hôtel en deux jours. Une heure plus tard, nous reprenons le chemin de Recoletta où nous nous promenons dans un immense marché artisanal sous un soleil de plomb. Nous marchons ensuite jusqu’au musée des Beaux-arts, gratuit, qui présente une collection riche de quelques chefs-d’œuvre, notamment des Goya, Courbet, Manet, Picasso et j’en passe, mais toutefois assez inégale. Nous avons la chance de découvrir l’expo temporaire d’un photographe, Abelardo Morell, absolument magnifique, en particulier ses séries sur les livres, la monnaie et Alice au Pays des Merveilles. D’autres photos sont obtenues grâce à la technique de la chambre obscure, qui permet des superpositions de sites et de décor intérieurs. Etonnant ! Une autre exposition de photos tout aussi intéressante, intéressante, celle de Cayetano Arcidiacono intitulée « Still life » dans laquelle il nous présente… des fruits moisis ! Les filaments de moisissure sont d’un effet pour le moins étonnant mais le résultat est finalement très beau. Ce n’est qu’à 15h30 que nous déjeunons dans un centre commercial où nous mangeons l’excellente viande rouge argentine. Nous nous baladons ensuite dans le célèbre cimetière de Recoletta. Une sorte de Père Lachaise en beaucoup plus petit, avec des tombes spectaculaires : de véritables monuments où sont déposés les cercueils sans être mis en terre. De nombreuses célébrités argentines y sont enterrées parmi lesquelles Eva Peron. Nous n’avons donc que peu d’appétit, le soir, dans la « meilleure pizzéria du monde », la Cuartita. Les pizzas y sont en effet excellentes, mais sans surprise, nous en mangeons à peine le quart. Heureusement que nous avons commandé des petites ! Malheureusement, l’endroit, décoré de nombreuses photos des stars du football argentin et d’anciennes affiches de cinéma, est très bruyant et donne l’impression de manger dans une cantine. Dommage !

 

 

Lundi 23

Nous nous levons tôt car nous avons rendez-vous à 7h45 pour l’ouverture du stage. La matinée se déroule tout à fait normalement jusqu’à 13h. Nous nous rendons ensuite dans un restaurant installé dans un ancien cloitre, ce qui lui donne un cachet pour le moins spécial, très agréable en tout cas. Nous devons reprendre à 14h30 mais le repas traine en longueur et nous ne quittons les lieux qu’à 15h45 ! Sachant que le programme a déjà été compressé pour cause de jour férié demain – si les argentins nous avaient prévenus nous aurions décalé la semaine - nous allons devoir l’amputer de certains modules. Rien de grave, nous nous adaptons, comme d’habitude. Le soir, nous retournons manger léger à la pizzéria de Recoletta, tellement plus calme…

 

 

Mardi 24

Nous profitons donc de ce jour férié pour faire une petite escapade à Colonia de Sacramento…. en Uruguay ! Cette ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO est à une heure de ferry de Buenos Aires, sur la rive nord de l’estuaire du Rio de la Plata, large de plus de 50 km en cet endroit. Faute d’avoir réservé les billets assez tôt, nous faisons l’aller en première classe, ce qui nous vaut une coupe d’un excellent champagne à l’embarquement. Une fois sur place, nous marchons jusqu’au quartier colonial sauvegardé où nous apprécions le calme – quel contraste avec la bruyante Buenos Aires ! – d’autant que les touristes n’y sont pas très nombreux aujourd’hui et que le soleil brille. Après le Pont de Campo et son pont-levis du XVIIIe siècle, nous flânons dans la rue des soupirs, pavée de galets et bordée de façades multicolores. Nous montons ensuite en haut du phare blanc qui éclaire l’estuaire, encastré dans les ruines de l’ancien couvent San Francisco qui lui a donné son nom. La vue circulaire sur la ville et sur l’estuaire est somptueuse. Nous rejoignons ensuite la Plaza Mayor, ex Plaza des Armas, ombragée par d’immenses cèdres du Liban. Nous déambulons ensuite dans les petites rues aux maisons basses où dorment de nombreuses voitures anciennes, dont certaines semblent en excellent état. En milieu d’après-midi, nous déjeunons au Drugstore, un restaurant à la décoration haute en couleur, puis reprenons notre promenade jusqu’au crépuscule. A notre arrivée au port de Buenos Aires, nos collègues argentins nous accueillent comme prévu et nous ramènent à l’hôtel.

 

 

Mercredi 25

Le stage continue de se dérouler sans incident, mais les liaisons en bus sont interminables et nous restons de nouveau trois heures à table ! Le soir nous nous rendons à la Ventana pour un spectacle de tango. Le repas y est meilleur que l’an passé à Senor Tango, mais la représentation, dans une salle beaucoup plus petite, est plus courte et plus intimiste : un orchestre dirigé par une figure locale du bandonéon et seulement quatre couples de danseurs. Le spectacle est complété par une troupe de musiciens andins, probablement paragayens et un gaucho virtuose des « bolincheras », (boules de cuir attachées a une corde pour attraper le bétail) qui recevra une ovation méritée de la part du public, majoritairement américain et japonais. La prestation générale n’est pas du niveau de celle de l’an dernier mais la grâce et la sensualité des danseurs est au rendez-vous. Nous passons donc quand même un excellent moment.

 

 

Jeudi 26

A l’issue du petit déjeuner, j’abandonne provisoirement mes collègues et je reste à l’hôtel pour travailler et rattraper ainsi le retard accumulé, en répondant à de nombreux mails. Une bonne chose de faite ! Le soir nous nous retrouvons tous à la Cabaña, un des restaurants les plus réputés de la ville, notamment pour la qualité de ses viandes. Bien qu’en Argentine, nous choisissons un « bife de chorizo » de viande de Kobe, chère mais d’un goût et d’une tendreté exceptionnelle. Jamais nous n’avions mangé une viande aussi délicieuse. Le malbec de Mendoza que nous avions choisi pour l’accompagner étant lui aussi parfait, tout comme les desserts, ce repas restera inscrit dans chacune de nos annales personnelles.

 

 

Vendredi 27

Le stage se termine, avec en point d’orgue l’habituelle cérémonie de clôture, ses discours et remises de médailles. Nous mangeons ensuite avec quelques collègues au cercle italien, après avoir visité la magnifique Ambassade de France, un monument historique – l’ancienne résidence du Prince de Galles - qui a survécu au percement de l’Avenue du 9 juillet contrairement à des centaines de bâtiments plus ordinaires. Après un moment de détente bien mérité, nous nous retrouvons le soir à Puerto Madero à la « Cabaña de las lilas », un restaurant où nous nous régalons une dernière fois avec un chorizo de lomo. La carte des vins est la plus variée qu’il m’ait été donné de consulter – plus de cent pages ! – mais hélas, aucun carmenere. Je mets ça sur le compte de la rivalité entre argentins et chilien et choisit un malbec, le bien nommé « punto final », qui s’avère délicieux au demeurant. Nous rentrons un peu avant minuit, ce qui laisse juste assez de temps aux collègues féminines pour préparer leurs valises et filer à l’aéroport. Nos routes se séparent ici car je dois enchainer par un séjour en France : je ne partirai que dimanche.

 

 

Samedi 28

Les filles étant parties, je me retrouve – enfin ? – seul, libéré des problématiques existentielles relatives au vernis à ongle, aux ballerines, aux escarpins, à l’inconfort des chaussures neuves ou au rapport qualités prix de sacs à main finalement remis dans les rayons car 100% cuir synthétique. J’en profite donc pour prendre mon temps, mettre mes dossiers à jour en vue de ma future semaine parisienne et surtout pour aller flâner tranquillement dans cette merveilleuse Ciudad de Buenos Aires.

 

 

Dimanche 29

Les collègues argentins me prendront à 15h à l’hôtel mais je dois libérer la chambre à 10h. J’ai donc cinq heures à tuer. Le soleil brille encore ce matin – il fait 31° ! – et je décide de retourner une dernière fois à Puerto Madero plutôt que de rester dans le lobby de l’hôtel et me promener sur internet. Sur le chemin du retour, je fais un crochet par la Plaza de Mayo et j’aperçois des gens à l’intérieur du palais présidentiel. Celui-ci est en effet ouvert au public ce matin. J’entre et me joins à un groupe, immédiatement pris en charge par un guide en grand uniforme. Nous visitons plusieurs salons, mais malheureusement je comprends très mal ses explications. Je rentre ensuite à l’hôtel et récupère mes valises. Les collègues sont ponctuels et j’arrive en avance à l’aéroport d’Ezeiza. Deux plus tard, l’avion décolle pour un trajet de treize heures et 11000 km. Direction Paris Charles de Gaulle, pour changer un peu.

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 04/04/2009

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