MALADIES D'AMOUR


L'amour est une bien douce maladie. Les symptômes sont immédiats. Une accélération subite du pouls : votre coeur diffuse soudain une adrénaline abondante dans l'ensemble du corps. Vos mains tremblent, vos jambes flageolent, votre voix hésite. Alors vous vous précipitez vers l'heureuse élue et vous l'enlacez tendrement. Vous la couvrez de milliers de bisous sur les joues et le front, sur le nez et le cou, et puis vous vous laissez aller à un langoureux et sulfureux baiser. Vous serrez alors ce corps si désiré et sentez déjà la fusion de vos deux êtres qui s'amorce.

On se sépare à regret et l'on échange, tout en se tenant chaque doigt de chaque main, des regards qui disent mieux que tous les mots, cet amour qui déborde.

C'est le coeur joyeux que vous pensez à l'aimée lors d'une absence qui n'est qu'une parenthèse. Et l'image de la belle, qui ne quitte pas un instant votre esprit en liesse, anime votre visage d'un sourire permanent. Plus de routine, plus de problèmes, la vie est trop belle. Même les misères du monde ou du voisin ne sont que vague souvenir, que virgule dans un océan de bonheur. Rien ne peut arriver. Vous êtes protégé car vous aimez, car vous êtes aimé.

Vous vous demandez alors comment vous avez pu survivre jusqu'alors. Comment votre corps a pu se passer de cette sensation si douce. Sans doute végétiez-vous, comme la graine en terre qui attend la chaleur, jusqu'à ce que l'amour vienne à votre rencontre pour vous apprendre que la vie ne peut s'épanouir que quand elle est vouée à l'autre.

Aimons!







L'amour est une bien sévère maladie. Les symptômes sont immédiats. Une accélération subite du pouls : votre cœur diffuse alors un poison violent qui envahit l'ensemble de votre corps. Vous perdez la maîtrise de vos mains, vos jambes refusent de vous porter, votre voix vous trahit. Vous aimeriez vous précipiter sur l'heureuse élue et l'enlacer tendrement, mais bien sûr, elle vous repousse. Alors vous ravalez les milliers de bisous, et cette affection refoulée se transforme vite en infection généralisée :les intestins se nouent, l'estomac se contracte, la nausée gagne. Elle vous soulève le cœur, envahit l’œsophage puis la gorge répandant une horrible amertume. Vous souhaitez vomir pour cracher cette angoisse.

C'est le cœur triste que vous pensez à l'aimée dans cette éternelle absence. Et l'image de la belle qui ne quitte pas un instant votre esprit tourmenté fige votre visage autour d'un regard bien vide.

Tout vous pèse. Tout est problème. Rien ne va plus. La télévision avec ses catastrophes et ses crève-la-faim vous insupporte. Le monde s'écroule autour de vous, sur vous, à cause de vous.

Vous vous demandez alors si vous allez survivre à cette épreuve. Si vous souhaitez y survivre. Comment votre corps si sain jusqu'alors peut-il se détraquer à ce point, comme si un virus inactif s'était soudain multiplié en vos cellules pour vous rappeler que la vie est cruelle, même et surtout si on la voue à l'autre?

Aimons?

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site