L'INSTRUMENT DU DIABLE

L'INSTRUMENT DU DIABLE

Prague, mai 1924. Le cadavre d'un clown a été découvert dans sa roulotte. Deux policiers, Pépa et Tomas,  mènent l'enquête et découvrent vite qu'ils ont affaire à un tueur en série qui a sévi dans toute l'Europe. Une nouvelle policière diabolique qui vous coupera le souffle !

 

En participation à l'anthologie « Psychopathes et compagnie » du collectif d'auteurs Dix de Plume.

 

Extrait :

Le cadavre d'un clown a été découvert ce matin dans sa roulotte. Le cirque pour lequel l'artiste travaillait est en représentation pour la semaine ici, sur la rive droite de la Vltava, près du Pont Charles. Le corps a été retrouvé par une trapéziste alertée par des cris. Je t'en informe car ce crime horrible me rappelle celui dont tu m'avais longuement parlé, il y une dizaine d'années et dont, je crois, tu n'avais jamais identifié le coupable : le corps poignardé du pauvre homme a en effet été retrouvé décapité, et nous n'avons aucune trace pour l'instant de la tête de la victime... »

 

Tomas termine sa missive sans donner davantage de précisions sur le crime. Pépa la replie et la replace méticuleusement dans son enveloppe. Il a d'ores et déjà décidé de se rendre à Prague car l'affaire non élucidée qu'évoque Tomas le hante depuis le mois de décembre 1913, depuis le 8 décembre 1913 pour être précis. Le corps empoisonné puis décapité d'une jeune femme, très grande et très belle avait été retrouvé dans un luxueux hôtel de Lausanne. Pépa déteste l'échec. Devant la similitude entre les affaires, il se dit lui aussi que les meurtres sont peut-être liés et voit dans ce nouveau crime l'espoir d'élucider enfin « l'énigme de l'Hôtel du Lac » comme l'ont appelée à l'époque les journalistes vaudois.
Déterminé, le policier enfile sa veste de tweed, il noue son foulard assorti à sa pochette et à son large pantalon puis il ajuste sa casquette plate. Une minute plus tard, le commissaire est au volant de sa Peugeot 163. Pépa est un des rares privilégiés qui possèdent une automobile à Lausanne. Grâce à ses économies qu'il a su préserver pendant la guerre mondiale, il a même été en mesure de s'offrir ce modèle récent : une magnifique décapotable aux phares ronds, au long capot et aux marches-pieds dont les courbes se prolongent en élégants garde-boue autour de roues à bâtons. Passionné d'automobiles, il a surtout choisi ce modèle pour son démarreur et ses phares électriques à l'avant comme à l'arrière. Tout en conduisant, Pépa frise sa moustache légèrement blanchie par les années, comme toujours quand il réfléchit. Une fois chez lui, il place un disque sur son phono-valise, ce qui se fait de mieux comme phonogramme de nos jours, et sans perdre une minute, il prépare son bagage. Les violons virevoltent le temps d'un printemps et, aux premières mesures de l'été, Pépa repart, abandonnant Vivaldi à ses rêveries bucoliques.

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